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De nouveaux jalons climatiques nécessitent la mobilisation des actuaires

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par John Dark, FICA

Les changements climatiques sont très présents dans nos esprits ces temps-ci. Les inondations dans l’est du Canada le mois dernier ne sont qu’un parmi plusieurs exemples de catastrophes liées au climat qui se produisent plus fréquemment en se répercutant de plus en plus sur les biens, les finances et le bien-être. 

Vous avez peut-être aussi pris connaissance des données les plus récentes issues de l’Indice actuariel climatique, lesquelles indiquent que l’indice a atteint le point le plus élevé jamais enregistré. Cela signifie que la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes et la variation du niveau de la mer se sont plus que jamais éloignées des niveaux historiques enregistrés depuis 1961. Un autre record a été brisé le mois dernier alors que la courbe de Keeling a enregistré la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone la plus élevée de tous les temps. Obtenez des précisions au sujet de ce jalon alarmant dans un article signé par Yves Guérard, membre de l’ICA. 

En somme, s’il subsistait le moindre doute quant à la réalité des changements climatiques, l’évidence est chaque jour de plus en plus difficile à nier.  

Des organisations, des entreprises et des décideurs de partout dans le monde expriment leurs inquiétudes et appuient les plans d’action pour le climat. Récemment, la Banque du Canada a publié son rapport annuel, dans lequel elle désigne les changements climatiques au nombre des plus grands points faibles pour l’économie et le système financier du Canada. Elle s’engage à intégrer les risques climatiques à ses activités de planification et de recherche, expliquant que « l’activité économique et l’environnement sont étroitement liés ».

Cette démarche s’harmonise à l’appel des organismes internationaux tels que le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC), qui travaille à l’établissement d’un cadre visant à assurer la transparence dans les décisions de placements en ce qui concerne les risques physiques, les risques liés à la responsabilité et les risques de transition associés aux changements climatiques. Dans la récente publication conjointe de l’ICA avec la Casualty Actuarial Society (CAS) et la Society of Actuaries (SOA), on désignait les risques liés aux changements climatiques comme étant en tête des risques émergents, tandis que le Forum économique mondial classait les phénomènes météorologiques extrêmes et l’inertie face aux changements climatiques au premier rang des risques mondiaux.

Que signifient les risques climatiques pour la pratique actuarielle?

En tant qu’experts par excellence en matière de gestion des risques dans le monde, les actuaires sont assurément les mieux placés pour évaluer les risques associés aux changements climatiques et les intégrer aux décisions ayant une incidence sur la stabilité économique future. Le moment est venu pour l’ICA de se faire entendre plus sérieusement sur cette question.

Vous savez peut-être que la Commission sur les changements climatiques et la viabilité (CCCV) travaille à l’élaboration d’un énoncé public s’adressant à notre auditoire public. Il s’agit d’une première étape importante pour établir la voix de l’ICA sur cette question. La version provisoire de l’énoncé public sera diffusée dans les prochains jours aux fins d’un examen par les membres, et nous espérons que chacun d’entre eux prendra le temps de lire cette ébauche et de partager leurs commentaires.

Plus important encore, nous devons nous adresser davantage à notre auditoire interne – en l’occurrence, vous tous – en examinant l’incidence des risques climatiques sur la pratique actuarielle au Canada et les façons de les intégrer à nos normes et à notre matériel d’orientation.

Dans un article du (e)Bulletin publié récemment, Gaetano Geretto, président de la CCCV, interpelait les membres de l’ICA : « Les actuaires devraient s’assurer d’être au fait des risques émergents associés au climat et de bien les comprendre. Ils doivent aussi communiquer avec clarté la mesure dans laquelle ils ont pris ces risques en considération dans tout travail actuariel, qu’il s’agisse de recommandations, de décisions, de tarification, d’évaluation, d’estimation, etc. »

Nos partenaires mondiaux expriment leur accord avec cet appel, par exemple dans ce message du Risk Alert, diffusé en mai 2017 par l’Institute and Faculty of Actuaries (en anglais seulement) :

[Traduction libre] « Tous les actuaires devraient tenir compte de l’incidence des risques liés aux changements climatiques lorsqu’ils formulent des conseils. Par exemple : 

  • Tous les investisseurs devraient tenir compte des répercussions possibles des risques climatiques sur les actifs investis.
  • Les institutions financières ayant des engagements à court terme (p. ex., les assureurs et réassureurs IARD) devraient évaluer et gérer les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes.
  • Les institutions financières ayant des engagements à long terme (p. ex., les assureurs et réassureurs-vie et les caisses de retraite) devraient évaluer et gérer l’incidence qu’exercent les courbes de température et de maladie sur la mortalité.
  • Les institutions financières ayant des passifs non provisionnés ou partiellement provisionnés devraient évaluer et gérer l’incidence exercée sur l’engagement du commanditaire ou d’autres organismes de financement. »

Qu’y a-t-il à l’horizon de l’ICA sur le plan climatique?

Nous croyons que tous les actuaires devraient tenir compte des risques liés aux changements climatiques dans le cadre de leur pratique. Nous diffuserons sous peu un sondage visant à connaître la mesure dans laquelle nos membres reconnaissent et quantifient ces risques dans le cadre de leur travail. Cela nous permettra ensuite de concevoir du matériel d’orientation et d’information à ce sujet. Je vous prie instamment de participer au sondage et de nous faire part de vos réflexions sur cet enjeu d’importance.

Je vous invite également à être des nôtres lors d’act19, le Congrès annuel de l’ICA. J’y agirai à titre de modérateur dans le cadre d’une séance portant sur les recommandations du GIFCC en compagnie des membres de la CCCV et d’invités spéciaux : Séance 49, 21 juin, 11 h 30 à 12 h 30. Voilà une occasion de vous renseigner plus amplement au sujet de la réponse du secteur de l’assurance, de celui des placements et du secteur privé à l’égard de l’intégration des risques associés aux changements climatiques aux évaluations financières.

Entre-temps, si vous avez des questions au sujet des activités de l’ICA en matière climatique ou de l’énoncé public connexe, vous pouvez vous adresser à Gaetano Geretto, président de la CCCV, ou à Sandra Caya, directrice associée, communications et affaires publiques.

John Dark, FICA, est le président de l’Institut canadien des actuaires.

 

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