Un entretien avec notre traducteur

Lors de la création officielle du CCGA, le conseil d’administration et les directeurs ont
manifesté le désir collectif de se conformer le plus possible à la Loi sur les langues
officielles (LLO). Essentiellement, tous les documents et médias destinés au public
devaient être présentés dans les deux langues officielles. Ayant travaillé avec l’Office
national de l’énergie (maintenant la Régie de l’énergie du Canada) pendant de
nombreuses années, j’étais au courant des enjeux liés au maintien de la conformité avec
la LLO. La terminologie et le jargon de l’industrie, ainsi que l’abondance des acronymes,
ne sont que le début. Il faut plus de mots pour transmettre le même message en
français qu’en anglais. Cela n'est pas un problème dans un document, il s’agit cependant
d’un défi lors de la mise en page des diaporamas ou des créations des infographistes. La
capacité de développer des publications succinctes sur les médias sociaux dans les deux
langues officielles peut donc être particulièrement complexe.

Pour réaliser tout cela d’une voix cohérente, le CCGA avait besoin d’un traducteur
compétent, flexible et fiable. Nos vœux ont été exaucés lorsque Nathalie Moreau,
d’Info-Excavation au Québec, a suggéré Mme Karen McGrath!

Je me suis récemment entretenu avec Karen afin de lui demander comment son rôle de
traductrice a évolué au fil du temps.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers le métier de traducteur?
Après avoir travaillé de nombreuses années dans la vente au détail, puis en marketing,
je voulais trouver quelque chose qui me stimulerait davantage intellectuellement. Avec
un baccalauréat en marketing, j’ai décidé de poursuivre une nouvelle carrière qui me
permettrait d’utiliser les connaissances que j’avais acquises dans le domaine du
marketing, et de mettre mon intérêt pour le français et l’anglais au travail! Les cours du
soir m’ont permis d’obtenir mes diplômes en traduction tout en travaillant de mon
domicile.

Depuis combien de temps travaillez-vous en traduction, et quelle est la partie la plus
intéressante de votre travail?
Près de 20 ans plus tard, mon amour pour les langues ne s’est jamais démenti et a été à
l’avant-garde de ma carrière en traduction. La partie la plus intéressante de mon travail
est sans aucun doute les nouvelles connaissances et le vaste vocabulaire acquis en
remplissant mes divers contrats de traduction. De la terminologie spécialisée requise
dans divers domaines, tels que les technologies de pointe dans l’industrie aérospatiale
ou la prévention des dommages liée à de l’industrie de l’excavation, à la compréhension
du jargon juridique, il est essentiel d’effectuer une recherche approfondie. Je suis
passionnée par diverses industries dont l’aérospatiale, la construction, la sécurité au
travail, le droit, les services alimentaires et, bien sûr, la prévention des dommages!

Non seulement je traduis des documents, mais j’agis aussi comme un filet de sécurité
pour mes clients. Lorsque je trouve une faute de frappe, une divergence ou une phrase
mal structurée dans le texte original, je propose au client d’apporter des changements,
que ces derniers soient faits par moi ou par le client. Outre les services de traduction,
j’offre également un service de révision et d’édition de textes et de documents. Que ce
soit en anglais ou en français, tout le travail que je remets à mes clients et qu’ils utilisent
est sans contredit de très grande qualité. Si l’adage « vous êtes ce que vous mangez »
était appliqué à la traduction, il s’ensuivrait que « l’image d’une entreprise est la
manière dont elle communique par écrit ». En m’entourant d’experts et de gens
compétents, il m’est possible de trouver le mot juste, la meilleure expression et la
terminologie pour mieux transmettre le sens de ce qui doit être traduit. Dans de
nombreux cas, ces experts m’ont permis de valider une traduction, un terme ou un
contexte. Ils m’ont aidée au fil des ans à devenir la traductrice que je suis aujourd’hui.

Comment la technologie, comme Google Translate, a-t-elle eu un impact sur les
services de traduction?
Un traducteur doit être curieux et persévérant tout en n’ayant pas peur de faire le
travail de recherche nécessaire. Une recherche approfondie doit être la priorité du
traducteur : cela lui permet d’acquérir le vocabulaire et les termes propres au domaine
afin d’offrir un travail de qualité exceptionnelle. La signification d’un mot peut varier en
fonction du contexte dans lequel il est écrit. Dans certains cas, la traduction
automatique (TA) telle que Google Translate peut aider le traducteur à trouver la
traduction d’un mot ou d’un terme spécifique, mais c’est le traducteur qui est le mieux
placé pour choisir le bon mot ou l’expression appropriée, puisqu’il connaît le contexte.
Les TA ne peuvent tout simplement pas faire ces choix.

Quel contrat de traduction vous a posé le plus grand défi?
Trois contrats me viennent à l’esprit :

Le contrat m’ayant posé le plus grand défi est certainement la traduction du livre blanc
du CCGA présenté par le sénateur Grant Mitchell devant le Comité sénatorial (projet de
loi-233 ̶ Loi sur l’amélioration de la sécurité des infrastructures souterraines). Le
vocabulaire utilisé dans la transcription parlementaire était nouveau pour moi. Je devais
m’assurer non seulement que le vocabulaire demeure uniforme d’un document à
l’autre, mais aussi qu’il correspond à la terminologie utilisée par les traducteurs du
gouvernement. C’était l’expérience la plus enrichissante de ma carrière.

Le deuxième travail le plus exigeant a été la traduction de documents destinés à
l’industrie de la construction. La terminologie utilisée avait trait aux équipements
(harnais, lignes de sauvetage, ancrages, etc.) et aux protocoles de sécurité (Code du
bâtiment, CNESST, positionnement du travail, etc.) pour les travaux de construction
effectués en hauteur. Heureusement, j’ai pu m’entretenir avec divers experts qui ont
gracieusement répondu à mes questions et ont apporté des corrections au besoin. Douze ans après ce premier contrat, je suis fière de dire que je continue à traduire les documents de ce client.

Le troisième était la traduction de documents et de présentations PowerPoint pour un
client de l’industrie aérospatiale. La terminologie utilisée était liée aux technologies de
pointe. Je ne saurais trop insister sur le fait qu’une recherche approfondie est
essentielle pour fournir une traduction précise et de qualité supérieure. D’ailleurs, je
suis toujours la personne-ressource lorsque ce client a besoin d’une traduction externe.

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Au cours des dernières années, ce fut un plaisir de travailler avec Karen sur
d’innombrables articles, présentations, documents, rapports et publications sur les
médias sociaux. Pour elle, aucun défi n’est trop grand, et elle semble aimer chaque défi
qui se trouve dans sa boîte de réception. Grâce à elle, le CCGA a été en mesure
d’atteindre continuellement son objectif en tant qu’autorité nationale en prévention
des dommages dans les deux langues officielles!