Nicolas Lafontaine : la discipline en actuariat comme au hockey


Nicolas Lafontaine

Par Judith Lefebvre

Le hockey est une affaire de famille chez les Lafontaine : le frère de Nicolas est un excellent hockeyeur; ses oncles et son père l’étaient également. Athlète remarquable, Nicolas a passé très près d’être repêché dans la Ligue nationale de hockey. Le jeune actuaire conjugue sport et études depuis le secondaire alors qu’il joue pour l’Intrépide de Gatineau et pour les équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, les Huskies de Rouyn-Noranda et les Saguénéens de Chicoutimi. Il s’est ensuite dirigé vers Montréal pour étudier à l’Université Concordia en mathématiques actuarielles et poursuivre son développement au niveau du hockey universitaire. Sur la glace, il est attaquant de type Power-Forward, c’est-à-dire qu’il est à la fois un joueur robuste et un bon compteur. « Dans mon temps, c’était un peu plus rough, on avait le droit de frapper à la tête », raconte-t-il. « À ma grandeur, j’ai eu besoin de me battre à quelques reprises. Si un de mes coéquipiers se faisait blesser, il fallait que je le protège. » 

La discipline d’un athlète
Pour le commun des mortels, le hockey et l’actuariat semblent être des domaines totalement à l’opposé. Ces deux disciplines ont-elles des points en commun? Selon Nicolas, la persévérance et la discipline apprises au hockey lui ont été cruciales pour devenir actuaire : « Les athlètes veulent constamment se surpasser », explique-t-il. « Je ne me suis jamais découragé. J’ai toujours voulu me surpasser ». Son plan d’études détaillé, qui comporte quelque 3 000 heures d’études, en témoigne.

« Reste que l’université a été très intense », assure Nicolas. « Les nombreux déplacements, les entraînements, les examens en actuariat et le baccalauréat ». Pendant son baccalauréat à Concordia en mathématiques actuarielles, il effectue des stages chez Normandin Beaudry, l’important cabinet-conseil québécois. Il y refuse un poste pour devenir joueur de hockey professionnel en France : « J’ai fait un bon actuaire de moi-même! J’ai calculé les risques! », lance-t-il à la blague. Sa conjointe et lui se dirigent dans les Alpes françaises où il continue à étudier pour ses examens en actuariat. Après une année de hockey professionnel, ils reviennent s’établir à Gatineau, leur ville natale, et Nicolas accepte un poste chez Mercer à Ottawa. Il y travaille depuis sept ans et pratique dans le domaine des régimes de retraite depuis cinq ans. Il est Fellow depuis 2016.

L’influence du hockey sur l’actuaire et vice-versa
Nicolas raconte que l’influence du hockey sur lui, en tant qu’actuaire, a été déterminante : « J’étais une personne assez timide. Le hockey a été une façon pour moi d’aller vers les gens et de me dégêner. » Le hockey lui a également permis d’éviter les dettes d’études : « J’étais un bon étudiant, alors j’ai reçu des bourses et du soutien de la part des professeurs ». À l’inverse, quelle est l’influence de l’actuaire sur le joueur de hockey? « Une fois, pendant les séries, j’ai remporté un pool avec des collègues actuaires chez Mercer pendant les séries, et mes prédictions se sont avérées justes à plus de 75 %! » Blagues à part, il raconte ne pas avoir encore trouvé « l’algorithme parfait » pour remporter les pool. Selon lui, c’est peine perdue de regarder les statistiques au hockey : « Ce n’est pas comme le baseball. Le hockey, c’est un jeu d’erreurs, un sport imprévisible. »

À long terme, Nicolas compte toujours jouer au hockey pour le plaisir et agir à titre de conseiller au niveau des régimes de retraite et de placements. La supervision l’intéresse également. On peut dire qu’il a déjà commencé à relever ce défi, mais à un tout autre niveau. Il est, en effet, entraîneur bénévole de hockey pour une équipe de tout-petits dans laquelle joue son garçon de 5 ans. « Je pense que je suis un bon coach. J’ai tellement reçu de rétroaction au hockey. Je pense être bien équipé pour en donner maintenant. »

Judith Lefebvre est rédactrice française au siège social de l’Institut canadien des actuaires.

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
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