Lancement imminent de l’Indice actuariel climatique

par Les Dandridge

Il suffit d’allumer la télé, d’ouvrir le journal ou une revue spécialisée en assurance ou de suivre les législatures fédérale, provinciales et territoriales pour constater toute l’attention qui est portée aux changements climatiques. Le Canada est signataire de l’Accord de Paris, au nombre des 195 pays qui ont pris le même engagement. D’un point de vue lié aux placements, à la gestion du risque d’entreprise (GRE), aux régimes de retraite, aux assurances IARD et à l’assurance-vie, les actuaires sont engagés dans ce dossier.

L’Indice actuariel climatique (IAC), une ressource en ligne révolutionnaire à laquelle les actuaires pourront se reporter dans le cadre de leur travail, sera lancé cet été. Un projet conjoint de l’American Academy of Actuaries, de la Casualty Actuarial Society (CAS), de la Society of Actuaries (SOA) et de l’ICA, l’IAC ne présente pas uniquement un intérêt pour les actuaires, mais également pour le grand public – politiciens, enseignants, étudiants, médias, chercheurs et décideurs du monde des affaires trouveront des renseignements importants sur le site.

L’IAC s’articule autour de six principaux indicateurs climatiques et mesure la fréquence et l’intensité des extrêmes selon des données d’observation à long terme provenant de stations météorologiques du Canada et des États-Unis. Les six composantes sont les suivantes :

  1. La fréquence des températures supérieures au 90e percentile;
  2. La fréquence des températures inférieures au 10e percentile;
  3. L’accumulation maximale de pluie sur cinq jours consécutifs;
  4. Le nombre maximal de jours secs consécutifs dans une année;
  5. La fréquence des vents supérieurs au 90e percentile;
  6. Les variations du niveau de la mer.

L’IAC examine le Canada et les États-Unis dans leur ensemble et les subdivise en 12 sous-régions. Les visiteurs du site de l’IAC pourront prendre connaissance d’observations mensuelles provenant d’un important réseau de stations météorologiques et côtières remontant jusqu’au mois de décembre 1960 et voir l’évolution de chacun des indicateurs. Ils pourront même télécharger les données et produire leur propre analyse. Il s’agit d’un formidable outil éducatif pour les étudiants, les enseignants et les actuaires.

 

L’IAC réunira ces éléments pour créer un indice unique fondé sur les téléchargements de données trimestrielles/saisonnières et le groupe de travail sur l’indice climatique (Climate Index Working Group), présidé par Caterina Lindman, membre de l’ICA, présentera des explications claires, concises et simples des mesures enregistrées pendant le trimestre et des différences recensées par rapport au trimestre précédent.

Pour ceux qui souhaitent aller plus en profondeur, le site Web complet présentera des explications approfondies et exhaustives concernant les méthodes de mesure et d’analyse, les méthodes scientifiques et mathématiques et les techniques utilisées pour créer les diagrammes et les graphiques. Du côté de l’ICA, la Commission sur les changements climatiques et la viabilité (CCCV) a travaillé étroitement avec les partenaires et le concepteur Web aux fins de la mise en œuvre finale. Karen Lockridge, présidente de la CCCV, a travaillé en collaboration avec les partenaires au volet de la gestion du projet et a veillé à l’avancement de la dernière étape.

L’IAC a d’abord fait son apparition en 2008, à la suite d’une suggestion de l’Image of the Actuary Group de la SOA. C’est à ce moment qu’un groupe d’actuaires du Canada et des États-Unis s’intéressant à la question ont amorcé une expérience suscitant la réflexion : les actuaires, avec les compétences qui leur sont propres, et les climatologues peuvent-ils, en collaboration, effectuer des recherches et concevoir des outils utiles? Les travaux de l’actuaire canadien John Neal et de la scientifique spécialiste du climat Katharine Hayhoe, Ph.D. leur ont permis de dire « Oui, tout à fait ». Leur analyse a offert aux associations une base aux fins de l’élaboration de l’IAC et a orienté leurs travaux.

À peu près au même moment, la CAS a mis sur pied un comité sur les changements climatiques (le Climate Change Committee), actuellement présidé par l’actuaire américain Douglas Collins. Ce comité a donné aux travaux leur structure formelle et a créé le groupe de travail sur l’indice climatique. Le mandat du comité sur les changements climatiques consiste à recommander, à appuyer et à effectuer des travaux de recherche sur les changements climatiques et à en évaluer les répercussions potentielles au chapitre de la gestion des risques pour le secteur de l’assurance.

Les quatre organismes ont confié à Solterra Solutions, un cabinet de consultation en matière de changements climatiques établi à Victoria, le mandat de procéder, tout d’abord, à une recherche documentaire en climatologie axée sur les éléments qui pourraient constituer un indice. Cette recherche a donné lieu au rapport intitulé Déterminer les répercussions du changement climatique sur le risque d’assurance et la communauté mondiale — Phase 1: Principaux indicateurs. Ce document porte sur les phénomènes météorologiques extrêmes, la climatologie, les indicateurs des changements climatiques mondiaux, les changements climatiques régionaux et saisonniers, la construction des indices climatiques et les projections climatiques futures. L’IAC, qui sera publié sous peu, découle largement de ce document.

L’IAC sera lancé conjointement par les quatre associations actuarielles. Des communiqués de presse et des articles seront publiés et nous prévoyons que les membres seront fiers des résultats. Caterina Lindman et Yves Guérard, Fellows de l’ICA, dirigeront l’équipe de porte-paroles qui répondront aux demandes des médias canadiens. Demeurez à l’écoute... Nous vous tiendrons au courant de la date de lancement!

Les Dandridge, est le directeur, communications et affaires publiques, de l’ICA.

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/