Le rôle de l’éducation dans la protection de l’intérêt du public

par Alicia Rollo, LRHA

L’approche de la fin de l’année nous porte naturellement à réfléchir aux réalisations accomplies au cours de l’année et à jeter un regard sur ce que nous réserve l’année 2016. Dans son article du (e)Bulletin de septembre, Angelita Graham, présidente de la Direction de l’admissibilité et de la formation (DAF), faisait le point sur les nombreuses activités qui ont eu lieu au cours de la dernière année et mentionnait quelques-unes des nouvelles initiatives qui seront mises en œuvre en 2016. Les bénévoles et le personnel du siège social de l’ICA ne sont pas près de manquer de projets pour se tenir occupés.

Le point sur le professionnalisme

Depuis quelques temps, la DAF concentre notamment ses efforts sur le professionnalisme, motivée par le premier principe directeur de l’Institut, qui vise la protection de l’intérêt du public. C’est principalement à ce dernier qu’est attribuable le rôle plus actif qu’a entrepris l’ICA en matière d’éducation au cours des dernières années, compte tenu, en particulier, de l’importance capitale de celle-ci à l’égard des exigences de qualification de l’ICA. Il incombe à l’ICA de veiller à ce que ses associé(e)s (AICA) et ses Fellows (FICA) possèdent toutes les connaissances, compétences techniques et notions en gestion des affaires qui leur permettront de devenir des professionnels brillants qui comprennent l’importance de leur rôle au sein de la société. Ces compétences, techniques et notions constitueront également la base de leur réussite dans le cadre d’une carrière actuarielle traditionnelle ou au moment de mettre leur amalgame unique de compétences au service de nouvelles industries et de nouveaux secteurs d’affaires.

L’un des objectifs opérationnels de l’ICA consiste à définir ce que signifie véritablement être un professionnel au sein de la communauté actuarielle canadienne. La DAF a récemment mis sur pied la Commission sur le professionnalisme au sein de l’ICA, qui est présidée par Kim Young, et qui poursuit l’atteinte de cet objectif en discutant avec diverses parties prenantes, dont des membres chevronnés, des commissions et des directions, ainsi que le Conseil d’administration. Du point de vue de l’éducation, la vision ultime consiste à doter l’ICA d’un cadre de professionnalisme qui soutiendra les membres à toutes les étapes de leur carrière et qui favorisera un engagement soutenu envers l’apprentissage et l’enrichissement de leurs fonctions à titre de professionnels. La formation en matière de professionnalisme et d’éthique, alliée aux compétences techniques et à une solide connaissance en administration des affaires, est essentielle dans le cadre des exigences de qualification aux titres d’AICA et de FICA, mais bien sûr, l’apprentissage ne s’arrête pas après l’obtention d’un titre professionnel. Être un professionnel requiert un engagement envers un apprentissage permanent. Le rôle de l’ICA consiste entre autres choses à soutenir les membres à cet égard.

Le professionnalisme et l’éthique

Lors de la récente réunion de l’Association actuarielle internationale (AAI) tenue à Vancouver, l’ICA a invité une conférencière à présenter un exposé lors du Forum des présidents, un rassemblement des dirigeants de nombreuses associations membres de l’AAI. Diane Girard, Ph. D., conseillère en éthique professionnelle et des affaires et professeure d’éthique à l’Université McGill, a livré avec passion une présentation portant sur le professionnalisme et l’éthique dans la pratique et les défis que doivent relever les actuaires. Elle nous a également rappelé notre devoir de soutien envers les membres à ce chapitre. Ses commentaires m’ont profondément interpellée et j’ai pensé qu’il serait utile de vous en transmettre quelques-uns.

Mme Girard a commencé sa présentation en affirmant que le fait d’être reconnu à titre de professionnel est un privilège. En qualité de professionnels en actuariat, vos connaissances et vos capacités techniques vous méritent la confiance du public, lequel, en contrepartie, exige davantage de vous que de la moyenne des gens. Il ne suffit pas de posséder des compétences techniques et de se conformer aux Règles de déontologie ou aux normes de pratique. Il s’agit là d’exigences minimales. L’éthique suppose une réflexion au sujet des répercussions de ses décisions et de ses actions sur le public.

Équilibrer l’évolution des besoins

On définit généralement le public comme étant la société dans son ensemble et non pas un groupe d’intérêts en particulier. Mais qui est vraiment le public et quelle incidence ces décisions et actions auront-elles? En tant que professionnel en actuariat, il vous faut constamment établir un équilibre entre les besoins et les points de vue changeants de diverses parties prenantes. Votre employeur, votre client, les organismes de réglementation et les utilisateurs et destinataires finaux du fruit de votre travail sont des parties prenantes importantes. Y en a-t-il d’autres? Mme Girard nous a également rappelé qu’il y a aussi les parties prenantes de l’avenir, c’est-à-dire celles dont on ne tient pas compte maintenant, mais qui subiront ultérieurement les effets. A-t-on pris en considération l’incidence sur ces personnes? Il faut se poser la question suivante : qui souffrira du résultat de nos décisions? Sa réponse semblait évidente : ceux dont nous n’avons pas tenu compte. Comment nous assurer de prendre en considération tous les intérêts? Faut-il recourir à un processus systémique pour nous assurer de le faire? Comment établir un juste équilibre entre tous ces besoins tout en faisant preuve d’indépendance et d’objectivité? Telle est l’essence du professionnalisme et de la façon dont on vous jugera au bout du compte à titre de professionnel.

Mme Girard a ensuite classé les défis que doivent relever les professionnels en actuariat dans quatre catégories :

La dernière question de Mme Girard me reste toujours en tête. Les membres de l’ICA sont-ils préparés en vue d’affronter ces défis très humains et d’y réagir?

Les membres de l’ICA sont-ils prêts?

Oui, l’ICA offre de la formation en matière de professionnalisme, laquelle est une exigence pour les nouveaux AICA. Oui, quatre heures de perfectionnement professionnel continu en matière de professionnalisme sont exigées tous les deux ans. Oui, nous avons établi des Règles de déontologie et des normes de pratique, ainsi qu’un système disciplinaire visant à gérer les transgressions. Mais s’agit-il de normes minimales?

Quelles autres démarches proactives l’ICA pourrait-il mettre en œuvre? Comment pourrions-nous mieux outiller nos membres pour leur permettre de gérer ces défis très réels? Voilà les questions que nous continuerons de poser en élaborant notre cadre de professionnalisme. Si vous avez des réflexions concernant le professionnalisme ou l’éthique ou encore, si vous avez des idées sur la façon dont l’ICA pourrait vous soutenir à cet égard, nous serions heureux de vous entendre! Vous pouvez adresser vos suggestions et commentaires à Alicia Rollo, directrice, adhésion, éducation et perfectionnement professionnel de l’ICA, à alicia.rollo@cia-ica.ca.

Alicia Rollo, LRHA, est la directrice, adhésion, éducation et perfectionnement professionnel de l’ICA.

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/