Le PAU : bien plus qu’une affaire d’agrément

 
par Mary Millard, FICA

Difficile à croire que le Programme d’agrément universitaire (PAU) en soit déjà à sa troisième année d’existence. Alors que se conclut cette troisième année à offrir des cours agréés à l’Université Western Ontario et que nous nous préparons à la visite de l’examinateur externe, je prends un moment pour réfléchir aux défis et aux succès qu’a connus le PAU.

Notre université est titulaire de l’agrément et les étudiants de nos programmes d’actuariat ont manifestement bénéficié de l’occasion qui leur est offerte d’obtenir des crédits à l’égard de certains examens préliminaires de la Society of Actuaries (SOA) et de la Casualty Actuarial Society (CAS) requis pour obtenir le titre de FICA. Ce qui me frappe le plus, toutefois, est l’ampleur des avantages qu’apporte le PAU, lesquels vont bien au-delà de l’agrément en soi.

À l’Université Western, nous avons mis en place un système informel de révision par les pairs à l’égard des cours agréés, un processus qui fonctionne bien et qui a pour effet d’améliorer la qualité des examens et la notation associées à nos cours. Ce système de révision par les pairs a donné lieu à des occasions de collaboration entre collègues à l’égard des stratégies d’enseignement et de mise à l’épreuve des connaissances, et certains d’entre nous ont appliqué ce processus à des cours non agréés. Cette façon de faire a eu pour effet de renforcer nos cours et nos programmes.

Bien que nous espérons assister à une augmentation de la participation au PAU, il ne fait aucun doute que la sensibilisation et l’intérêt des étudiants sont en hausse. Toutefois, ces derniers n’optent pas tous pour cette voie en ce qui concerne les examens préliminaires et ceux qui souhaitent y adhérer peuvent ne pas satisfaire les conditions requises. Mais ces étudiants tirent tout de même profit du programme, car je crois que le processus d’agrément leur permet malgré tout d’être mieux préparés à passer les examens préliminaires de la SOA/CAS. Par exemple, le programme d’études de l’examen MLC de la SOA a subi des modifications récemment et l’examen compte désormais une section de questions à court développement. Des étudiants ayant récemment passé l’examen MLC nous ont dit que le style des examens et des tests de leur université en matière de risques viagers avait eu pour effet de mieux les préparer à l’examen MLC.

Le programme d’agrément de l’ICA a joué un rôle de premier plan pour ce qui est de rehausser le profil de la profession actuarielle en général et de nos programmes d’actuariat. C’est ce que j’ai pu constater lors d’activités portes ouvertes dans les écoles secondaires et dans le cadre d’autres initiatives du genre. L’existence d’un programme d’agrément en actuariat et le fait que les étudiants soient en mesure d’obtenir des exemptions de certains examens professionnels préliminaires en suivant des cours dans le cadre de leur diplôme suscitent l’intérêt des étudiants, mais aussi de leurs parents. Des programmes d’agrément en génie, en comptabilité et dans d’autres domaines sont déjà bien établis dans les universités canadiennes. L’acquisition de crédits à l’égard de l’agrément professionnel dans le cadre d’un diplôme universitaire constitue un avantage attrayant. Depuis la mise en œuvre du PAU, l’intérêt envers la profession actuarielle s’est accru chez les élèves et chez leurs parents, entraînant du coup un intérêt plus marqué envers les programmes d’actuariat dans les universités.

La mise en œuvre du PAU a donné lieu à de nombreux apprentissages et a suscité plusieurs difficultés en cours de route, mais je crois qu’en relevant ces défis, les universités et l’ICA n’ont fait que renforcer leurs relations. De plus, les rencontres et les interactions régulières ainsi que le partage d’opinions et de rétroaction entre les actuaires chargés de l’agrément (AcA) se sont avérés très précieux. Je suis aussi très reconnaissante pour le soutien que m’assurent mes collègues universitaires et administratifs dans mes fonctions d’AcA.

Ma participation au PAU pendant les trois dernières années à titre de chargée d’enseignement d’un cours agréé et d’AcA m’a permis d’observer de près les nombreux avantages que procure ce programme. Il me tarde de voir le programme se développer et de voir l’ICA mettre en œuvre d’autres initiatives en matière d’éducation.

Mary Millard, FICA, est l’AcA de l’Université Western Ontario.

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/