Transmettre le message en matière de gestion du risque

 

Le travail d’actuariat traditionnel a aidé Pierre-Paul Renaud (photo ci-dessus) à se préparer à affronter l’univers de la gestion du risque d’entreprise (GRE), mais ce domaine de plus en plus important lui a posé d’innombrables nouveaux défis.

M. Renaud, FICA, FSA, occupe actuellement le poste de vice-président adjoint, analyse du risque et analyse quantitative chez Aviva Canada, où il assure la révision et la mise à l’épreuve des modèles, et participe à l’élaboration d’un modèle visant les risques opérationnels et d’un cadre de gestion des risques. Son équipe assure également un soutien à l’évaluation interne du risque et de la solvabilité (ORSA) et aux travaux relatifs à Solvabilité II.

Il a entrepris sa carrière en accomplissant les tâches courantes confiées à la plupart des actuaires et affirme : « J’étais chargé de l’élaboration et de l’utilisation des modèles financiers, et mon passage à la GRE représentait une évolution naturelle. Maintenant, les modèles financiers font l’objet d’une révision plus uniforme et sont liés au profil de risque de l’entreprise, ce qui nécessite de nombreuses compétences actuarielles.

« Le défi de la GRE consiste à aider l’organisation à comprendre les risques auxquels elle s’expose, ainsi que les raisons pour lesquelles elle le fait, et d’établir un lien entre les analyses quantitative et qualitative. En travaillant en équipe avec d’autres professionnels et avec des spécialistes de la gestion des risques, nous sommes en mesure de rassembler diverses perspectives.

« Nous veillons à ce que chacun ait une bonne compréhension des risques et, parfois, je dois adapter mon langage à la façon dont les gens perçoivent les risques. Il s’agit, dans l’ensemble, d’un processus simple et je suis chanceux que le travail préparatoire à la mise sur pied d’un programme de GRE ait déjà été réalisé. Cependant, il demeure encore difficile à certains égards pour les gens de comprendre ce que nous faisons et la valeur que nous apportons. Quelques leaders au sein de l’entreprise cherchent à protéger leur domaine de pratique, avec raison, et nous avons démontré que nous étions en mesure de les aider au moyen d’un examen indépendant. Nous sommes en mesure de repérer les synergies potentielles ou les risques dont ils ne sont pas nécessairement entièrement conscients. »

Au quotidien, cela peut impliquer du travail sur plusieurs différents projets. M. Renaud explique : « En effet, nous examinons le contexte de risque et facilitons des réunions avec des experts afin de repérer les risques. La révision des modèles en fonction des risques requiert une quantité de temps considérable. Nous produisons également des rapports qui, essentiellement, aident le chef de la gestion des risques à confirmer au Conseil d’administration que les modèles, ainsi que les processus et contrôles de gestion des risques, sont bien adaptés aux objectifs poursuivis.

« Le travail dans le domaine de la GRE nécessite un certain nombre d’habiletés qui font des actuaires d’excellents candidats à cet égard, ajoute-t-il. Il est nécessaire de posséder une vaste compréhension de l’organisation et la capacité d’examiner en profondeur des questions bien précises, et certaines personnes ne sont pas à l’aise dans de telles fonctions. Il faut être en mesure de bien communiquer à la fois avec des personnes possédant des connaissances techniques et celles qui n’en possèdent pas, et ce, de façon respectueuse. Il faut également posséder d’excellentes habiletés en matière de résolution de problèmes. Notre équipe est composée de personnes issues de divers horizons et s’intéressant à la gestion qualitative et quantitative des risques. Les professionnels en actuariat possèdent des antécédents en matière de risque et en matière quantitative, lequel leur facilite l’évaluation des questions liées aux risques et à la gouvernance, ainsi qu’une bonne compréhension des affaires.

« La GRE est un élément important, mais notre équipe est relativement restreinte. Avec le temps, nous avons décidé d’embaucher un plus grand nombre d'actuaires et d’améliorer notre modèle de gouvernance. La culture du risque à l’échelle de l’entreprise revêt une importance cruciale et tous les employés ont une certaine responsabilité à l’égard de la gestion des risques.

« L’éventail de défis que comporte la GRE fait de celle-ci un domaine d’intérêt pour les actuaires, dit-il. Au départ, on a observé une certaine résistance de la part de ceux qui ne voyaient pas en quoi une compréhension plus structurée du risque pouvait leur être utile. Mais maintenant, les perspectives sont bonnes pour les actuaires qui sont prêts à travailler à leurs communications avec des personnes qui ne sont pas des actuaires. »

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/