Le travail dans le domaine de la GRE offre des avantages intellectuels et professionnels

 

Pour bon nombre d’actuaires, il peut être difficile de délaisser un des domaines de pratique plus courants pour suivre une voie non traditionnelle. Pour Kathryn Hyland, en photo ci-dessus, qui a toujours suivi un parcours hors-normes, ce problème ne s’est cependant jamais posé.

Celle qui occupe actuellement le poste de vice-présidente principale à la Compagnie Suisse de réassurance a entrepris sa carrière en assumant un ensemble type de fonctions actuarielles de premier échelon, passant d’un domaine de pratique à un autre. Elle s'explique toutefois ainsi : « J’ai rapidement abandonné le programme de rotation pour travailler dans le domaine des technologies de l'information pendant neuf ans. J’ai ensuite exercé plusieurs fonctions diverses, et je ne me consacre à temps plein à la gestion du risque d'entreprise (GRE) depuis six ans seulement. »

Le domaine de la GRE, qui connaît une croissance rapide, offre de nombreux défis et possibilités pour les actuaires qui ont le bon profil, dit-elle. « Ce domaine a la particularité d'offrir une perspective globale de l'entreprise. En règle générale, le centre d'intérêt des actuaires est ciblé, mais très approfondi. Je suis davantage le genre de personne qui voit la forêt plutôt que les arbres.

« La GRE présente un intérêt du point de vue intellectuel du fait que l’on soit appelé à gérer des situations qui ne se sont jamais présentées auparavant. Nous sommes formés pour réfléchir aux risques nouveaux et émergents ou, comme on me l’a enseigné, à "penser à l’impensable". Nous sommes constamment à faire des suppositions. Par exemple, nous nous trouvons dans un cycle d’activité solaire intense qui pourrait donner lieu à de violentes irruptions solaires susceptibles d’endommager le réseau électrique. Quelles seraient les conséquences d'une telle situation? Qu’en est-il des nanoparticules? Quelle serait l’issue à ce chapitre et aurait-elle une incidence sur la santé humaine? Ce genre de question ne se pose pas dans les domaines de pratique plus traditionnels, ce qui fait de la GRE le parfait emploi pour une personne curieuse sur le plan intellectuel. La curiosité intellectuelle est d’ailleurs la première qualité que je recherche au moment d’intégrer de nouveaux collaborateurs dans mon équipe. »

La GRE est un domaine vaste qui offre une grande variété au quotidien, ajoute-t-elle. « L’identification des risques constitue un élément important : tenter de repérer les risques, puis travailler au sein de l'entreprise afin de confier à quelqu’un la responsabilité de ces risques. Nous soutenons en outre le propriétaire de l’entreprise dans l'établissement d'un plan d’atténuation des risques. L’examen et l’approbation des transactions sont un autre exemple. Avant d’assumer un nouveau risque, il faut pouvoir compter sur une certaine discipline et obtenir des autorisations auprès de personnes occupant différentes fonctions. Ce processus devient de plus en plus fluide, bien que le gestionnaire des risques puisse parfois poser d'épineuses questions à l'équipe responsable de l'opération. Nous devons veiller à ce que tous les risques inhérents à une transaction soient tarifés de façon juste et justifiés. La tarification des options doit être conforme, par exemple, et peut constituer un irritant pour les personnes sur qui pèse cette responsabilité, mais nous avons de très bonnes relations de travail.

« La Suisse de réassurance pourrait bien être dotée d'une pratique de GRE plus développée que certaines autres sociétés et possède une bonne culture du risque. Au début, il incombait aux responsables de la GRE d’instaurer cette culture, mais ce volet du travail devient de plus en plus facile. »

Le virage vers une préoccupation accrue au sein de l'industrie et des organismes de réglementation à l'égard d’une GRE efficace a été en partie attribuable à la crise financière de 2008-2009, a ajouté Mme Hyland.

« Cette crise a été une sonnette d’alarme. Plusieurs modèles ont échoué et bon nombre de catégories de liquidités se sont taries – par exemple, aux États-Unis, certaines obligations municipales sont devenues complètement illiquides. Les sociétés disaient "Nous aurions dû y penser". Avec du recul, on voit bien toute l’interconnectivité. La crise a ébranlé les organismes de réglementation, qui poussent les entreprises à affiner leur plan. Ils créent des attentes élevées à l'égard des démarches qui seront entreprises.

« La GRE est donc un domaine en croissance, et les actuaires ont la capacité d'y jouer un rôle de premier plan. Il incombe à la profession de s’y implanter et de faire des actuaires le premier choix [en matière de gestion du risque]. Dans ce domaine, beaucoup de travail peut être accompli par des personnes qui ne sont pas actuaires, mais nous méritons vraiment notre place à la table. Nous avons la puissance intellectuelle et la capacité nécessaires, et notre programme d’études s’enrichit de plus en plus dans ce domaine.

« Nous sommes très bien outillés comparativement à d’autres professions et, à certains égards, nous sommes beaucoup mieux outillés. »

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/