Le développement de la profession a offert d’excellentes expériences à un actuaire à la retraite

 

À l'époque où Scott McGaire envisageait une carrière dans le domaine de l'actuariat, il était difficile de se renseigner au sujet de la profession actuarielle. Mais au cours de sa carrière de plus de 30 ans au sein de grandes entreprises, il a vu les actuaires acquérir une importance croissante et la profession se renforcer sans cesse.

M. McGaire, ancien président de la Direction des services aux membres et bénévole de longue date au sein de l’ICA, a pris sa retraite en avril mais a poursuivi ses activités pendant huit mois sur une base contractuelle afin de faciliter la transition. Sa carrière a commencé dans les années 1970 avec d’hésitantes demandes d’information à l’Université de la Colombie-Britannique et l’a amené à occuper, pendant de nombreuses années, divers postes au sein de la société Manuvie, plus récemment à titre d’actuaire dans le domaine des contrats avec participation.

Il raconte : « À l'école secondaire, personne n'avait entendu parler des actuaires, mais j’ai toujours eu de l’intérêt pour les mathématiques et lorsque j’ai vu une brochure sur l’actuariat, ça m’a intrigué. À l’université, j’ai commencé à y penser plus sérieusement, puis j’ai décidé de tenter le coup. Il y avait cependant très peu d'actuaires sur la côte Ouest et il m'a fallu me renseigner auprès de plusieurs professeurs et autres personnes avant de pouvoir obtenir une adresse postale pour présenter une demande dans le but de passer les examens.

« Avec quelques examens sous la cravate, j'ai commencé à écrire à tous les sièges sociaux, et c’est la Dominion qui m'a donné ma chance. Cela s'est très bien passé. Il s’agissait d’une société de moins grande envergure, comptant environ 550 à 600 employés, et appartenant à la Lincoln National. Même à l’époque, on procédait à des évaluations mensuelles et nous consacrions donc beaucoup d’efforts aux infrastructures administratives. Il y avait peu d'innovation en matière de produits.

« Les choses ont bien changé lorsque la Manuvie a acquis la Dominion en 1985. On mettait davantage l’accent sur les ventes et l’innovation. Le rythme du processus d’évaluation était moins soutenu étant donné qu’il s’agissait d’une mutuelle. Comme le loyer de bureau était relativement peu élevé à Kitchener-Waterloo, la société y a transporté la division canadienne. Seuls quelques membres du personnel sont venus de Toronto, et la société a donc dû embaucher beaucoup de monde.

« Nous étions très occupés à prendre connaissance des nombreux produits différents offerts par cette société d’envergure et à nous demander comment nous allions parvenir à tout accomplir avec tant de nouveau personnel. L’immeuble est rapidement devenu trop petit et il a fallu, encore une fois, réaménager tout le monde. À bien y penser, il y a des choses qui ne changent pas! Les restructurations, la croissance et les acquisitions demeurent les causes fondamentales universelles des déménagements de bureaux.

« La tarification a beaucoup changé au fil des ans, ce qui a eu une incidence profonde sur le développement des produits et l'évaluation. À mes débuts, on mettait tout juste en place les tarifs fumeur/non-fumeur, soit le stade de la tarification préférentielle qui a suivi, plusieurs années après, l’instauration de la distinction de la mortalité entre les hommes et les femmes. À la fin des années 1980, on a instauré les analyses sanguines en réaction à une augmentation des infections au VIH, pour constater rapidement que ce test permettait de dépister efficacement de nombreuses autres affections. C’est probablement grâce à ce test, plus qu’à tout autre, que l’industrie a pu mettre en place les divers degrés de tarification préférentielle qui existent aujourd’hui.

« Dans les années 1990, les acquisitions étaient fréquentes et nombreuses, et la profession s’est transformée au même rythme que l'industrie. Les ordinateurs sont venus tout changer et c’est alors que l’on a assisté à la croissance de divers produits adaptés permettant aux actuaires de délaisser le méticuleux travail de programmation et de se concentrer sur la réalisation de meilleures analyses, de meilleures conceptions de produits ainsi que sur l'élaboration de méthodes d'évaluation plus fiables. »

Vers la fin du siècle, une vague de démutualisation a déferlé sur l’industrie. « Je faisais partie de l’équipe de projet de la Manuvie chargée de préparer l’analyse des cotisations des contrats avec participation canadiens. C’était un travail fascinant, dans le cadre duquel il fallait fouiller dans les archives afin de reconstituer l'historique des nombreux blocs avec participation représentés. »

Pendant ce temps, ajoute M. McGaire, la profession continuait d'avancer à grandes enjambées. Il compte bien voyager pendant sa retraite, mais prévoit demeurer impliqué au sein de l'ICA à titre de bénévole et pour d'autres activités. « Lorsque l’on regarde un peu partout dans le monde, on constate que bon nombre de pays ne sont pas dotés d’une profession actuarielle bien ancrée et que dans d’autres, les règles et les normes sont différentes, ce qui rend difficile la comparaison des résultats. Par l’intermédiaire de l’Association actuarielle internationale, les actuaires des quatre coins du monde s’efforcent de rendre la pratique actuarielle plus conforme. Bien que je sois biaisé et que j’aie une préférence pour l’approche canadienne, de nombreuses autres idées sont avancées et je suis intéressé à savoir ce qui va se passer. Il y a beaucoup de pain sur la planche. »

Le bénévolat s’est avéré très important au cours de sa carrière et il presse les autres actuaires de suivre son exemple. « L’ICA a accompli beaucoup de choses avec un nombre d’actuaires relativement restreint, mais la profession pourrait prendre encore davantage de vigueur si elle pouvait compter sur un plus grand nombre de bénévoles pour se partager le travail et relever de nouveaux défis. Les nouveaux venus dans la profession devraient se demander quelle contribution ils peuvent apporter. C’est si facile maintenant grâce aux outils en ligne. »

« La participation à des réalisations qui vont au-delà de son propre petit emploi procure une grande satisfaction. C’est également un moyen d'établir un réseau, et je prévois rester en contact et me faire d'autres amis en poursuivant mes activités bénévoles. »

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/