Le PAU : Un retour sur l’année et un regard vers l’avenir

par Rob Stapleford, FICA

Nous vivons une période intéressante et stimulante pour l’ICA au chapitre de l’éducation. Dans son article du (e)Bulletin de septembre intitulé Le système d’éducation canadien : une approche équilibrée, Jason Vary mentionne que l’ICA assure un plus grand contrôle et assume une responsabilité accrue en ce qui concerne l’éducation des actuaires canadiens et parle des travaux actuellement en cours afin de définir un programme d’éducation canadien qui constituera le fondement de la façon dont seront choisis les fournisseurs et partenaires en éducation.

Le Programme d’agrément universitaire (PAU) est l’une des principales sources d’éducation aux fins de la qualification au niveau associé et, pour la première fois au Canada, permet d’accéder au statut d’AICA sans devoir obtenir d'abord un autre titre de compétence actuariel. Dans quelques années, l’ICA accordera le statut de Fellow à ces membres, lorsqu’ils auront satisfait aux autres exigences en matière d'éducation et d'examens. L'autonomie du titre de FICA, c'est-à-dire « sans obligation de s’aligner sur un autre titre (actuariel) », constitue l’un des objectifs stratégiques à long terme de l'Institut. On verra sous peu lors d’entrevues d’emploi des candidats actuariels ayant obtenu des exemptions de l'ICA à l'égard de certains examens préliminaires. C’est là une des raisons pour lesquelles il est essentiel que l'ICA fasse preuve de diligence en ce qui a trait aux normes élevées régissant l’élaboration et le maintien du PAU. La Commission de l’agrément (CA), la Direction de l’admissibilité et de la formation (DAF) et le Conseil d’administration de l’ICA, en partenariat avec nos universités canadiennes agréées, travaillent d’arrache-pied depuis que le Conseil d’administration de l’ICA a réaffirmé, en 2010, son engagement à l'égard du PAU afin d'assurer l'établissement et le maintien de ces normes.

En octobre, la Society of Actuaries (SOA) a annoncé sa décision de ne pas reconnaître les exemptions du PAU de l’ICA. En dépit de cette décision, l’ICA demeure engagé à l’égard du PAU, qui cadre directement avec la stratégie à long terme de l’Institut. L’ICA est d'avis que le PAU offre un environnement efficace aux fins de l'éducation et de l’évaluation préliminaires. En définitive, la décision de la SOA signifie que les candidats de l'ICA qui visent les titres d'ASA et de FSA devront réussir les examens préliminaires au lieu d’obtenir des crédits dans le cadre du PAU. Avec ce dernier, les candidats qui réussissent se verront attribuer les titres d'AICA et de FICA à la fois en obtenant des exemptions d’examen et en répondant aux autres exigences d’éducation de l’ICA, dont la plupart sont imparties à la SOA pour ce qui est des volets des régimes de retraite, de l’assurance-vie individuelle, de l’assurance collective et des finances. D’un point de vue logistique, la chose est rendue possible grâce à une entente entre l’ICA et la SOA selon laquelle cette dernière repère les candidats du PAU et leur permet de satisfaire aux exigences restantes en matière d’éducation et d’examens aux fins de l’obtention des titres d’AICA et de FICA, même si certains examens préliminaires seraient remplacés par des exemptions de l’ICA.

L’ICA reconnaît le système d'éducation de la Casualty Actuarial Society (CAS) en ce qui a trait aux assurances IARD et la CAS reconnaît les exemptions de l’ICA. Il est donc possible pour un candidat de l’ICA d’obtenir les titres d’ACAS et de FCAS en empruntant le parcours du PAU. L’Institute and Faculty of Actuaries du Royaume-Uni reconnaît aussi les exemptions de l’ICA, et l’American Academy of Actuaries reconnaît le titre de FICA (quel que soit le moyen de l'obtenir) aux fins de l'attribution du titre de MAAA, sous réserve d’une expérience de travail appropriée aux États-Unis. Par conséquent, plusieurs options s'offrent toujours aux candidats du PAU qui envisagent de travailler à l'étranger. En ce qui concerne la pratique au Canada, le seul titre de compétence actuariel reconnu par la loi est celui de FICA.

La première année de mise en œuvre du PAU s’est achevée à l’été 2013. Maintenant au cours de cette deuxième année, les activités de la CA sont axées sur l'évaluation et l'amélioration. À cette fin, la CA, les actuaires chargés de l’agrément (AcA) et le personnel de l’ICA ont tenu une rencontre au début d’octobre afin d’évaluer les principales questions d'ordre politique, de discuter des mesures quantitatives, d'amorcer la planification en vue de l’examen après trois ans de mise en œuvre et d’obtenir la rétroaction des AcA. Après un examen approfondi de la première année et l’attribution de près de 40 exemptions d’examens, la CA estime que le programme fonctionne bien. La section suivante présente les points saillants des discussions et des résultats de la réunion.

Notes donnant droit à des exemptions

On a examiné le pourcentage d’étudiants qui ont obtenu les notes d’exemption au cours de la dernière année dans chacune des universités agréées et on l’a comparé aux prédictions initiales de la CA. Ces prédictions avaient été fondées sur les notes réelles obtenues par les étudiants dans chaque cours pour les deux sessions antérieures, qu'on a comparées, pour chaque université, aux pourcentages de réussite des examens correspondants de la SOA et de la CAS, ainsi qu’aux pourcentages de réussite globaux aux examens. Les notes d’exemption ont été établies pour chaque cours de manière à ce qu’il soit au moins aussi difficile d'obtenir une exemption que de réussir l'examen correspondant. La CA a estimé que les données ne représentaient qu'une seule année du programme et que pour tirer des conclusions significatives, il conviendrait de les analyser sur plusieurs années. La CA s'est toutefois dite à l'aise à l’égard du fait que le nombre réel d’étudiants ayant obtenu la note d’exemption était inférieur aux prévisions et inférieur aux statistiques universitaires globales de la SOA.

On a fait remarquer que le pourcentage plus faible que prévu d’étudiants ayant obtenu des exemptions pourrait indiquer qu’il est plus difficile d’obtenir des exemptions dans le cadre du PAU que de réussir l’examen correspondant. Le PAU pourrait également avoir pour effet de départager les étudiants les plus forts. La CA a reconnu qu’il convenait d'interpréter avec diligence ces résultats, qui peuvent être influencés par de nombreux facteurs, et continuera de surveiller attentivement les notes futures. La CA étudiera chaque cohorte d’étudiants au fil de son évolution dans le programme et poursuivra son évaluation, dans la mesure du possible, dans le cadre des examens subséquents menant au titre de Fellow de l'ICA.

Inflation des notes

En 2013, on a demandé aux examinateurs externes d’évaluer le potentiel d’inflation des notes dans les universités et est clairement apparue la nécessité de définir ce terme. La CA et les AcA ont convenu de la possibilité de deux types d’inflation des notes :

Il peut également y avoir mauvaise inflation des notes lorsque l’université établit des pourcentages de référence quant au nombre d’étudiants qui obtiennent la note d’exemption. La CA a conclu qu’elle pouvait faire confiance aux mécanismes de contrôle de la qualité établis dans la politique et les lignes directrices du PAU (y compris les vérifications des examinateurs externes), au professionnalisme des AcA et aux processus internes des universités relatifs aux examens, à l'attribution de notes et au contrôle de la qualité. Le maintien des normes élevées et des pratiques exemplaires réside dans la bonne communication entre l’ICA, chaque AcA et les chargés d’enseignement. Les AcA ont convenu que le fait de faciliter l’atteinte de la note d’exemption pour les étudiants ne rendait service à personne et continueront de rappeler aux chargés d'enseignement leur responsabilité envers l'université, envers l'entente relative au PAU et envers les étudiants.

Commentaires et préoccupations des étudiants

Les commentaires des étudiants indiquent une préoccupation concernant leurs options de carrière future. La CA et les AcA ont conclu que l’ICA devrait faire une promotion accrue du programme auprès des étudiants et des employeurs du Canada et de la reconnaissance de la marque FICA à l'échelle internationale. La promotion de la valeur et de la portabilité du titre de FICA permettra aux étudiants d’être plus confiants à l'égard du parcours du PAU. Les employeurs doivent être bien au fait du programme et, bien que rien ne puisse laisser croire qu’ils favoriseraient à l’embauche un candidat qui a réussi les examens par rapport à un autre qui a obtenu des exemptions, mieux ils connaîtront le programme et les normes de l'ICA, mieux ce sera.

Engagement universitaire

Tous s'entendaient pour dire qu'un plus grand nombre d'universitaires devrait s'engager auprès de l'ICA et que l'Institut devrait encourager une telle participation, qui peut constituer un apport important pour l’ICA, même au-delà du PAU. Ce dernier offre la possibilité d’accroître l’indépendance universitaire et de favoriser une meilleure conscience de la solidité de l’éducation actuarielle universitaire, mais il ne réalisera pas son plein potentiel sans une excellente collaboration entre les universitaires et les praticiens.

Examen du PAU

L’examen stratégique du PAU en 2014-2015 revêtira de l'importance pour la CA, la DAF et le Conseil d'administration, de même que pour les employeurs, les partenaires en éducation et les membres de l'ICA. En particulier, l’entente avec la CAS concernant la reconnaissance des exemptions accordées par l'ICA dans le cadre du PAU nécessite un tel examen. Les mesures de l’examen à court terme concernent notamment le respect du plan de cours par les chargés d’enseignement, le contrôle des données concernant les étudiants, l’examen des libellés d'examen et de copies d’examens d’étudiants et des renseignements qualitatifs provenant des AcA, des chargés d’enseignement et des examinateurs externes. Les mesures à plus long terme viseront les employeurs et les résultats des candidats issus du PAU aux examens de qualification au titre de Fellow. Le partage des données entre l’ICA, la CAS et la SOA est donc essentiel.

En définitive, l’ICA est imputable à l’égard des titres professionnels qu'il administre et doit veiller au maintien des normes très élevées qui régissent les titres d'AICA et de FICA. Le PAU doit former des candidats qui possèdent les connaissances et les compétences nécessaires à l’éducation au niveau AICA afin qu’ils disposent de la base de connaissances techniques dont ils ont besoin pour se préparer aux aspects pratiques des examens de qualification au titre de Fellow.

La CA continue de maintenir les normes rigoureuses de l’ICA afin de garantir la pérennité du programme et d’assurer que celui-ci demeure un élément digne de confiance du système d'éducation canadien.

Pour de plus amples renseignements au sujet du PAU, veuillez visiter le site Web de l’ICA. Comme toujours, vos commentaires sont les bienvenus. Vous pouvez nous les transmettre en écrivant à agrement@cia-ica.ca.

Rob Stapleford, FICA, est le président de la Commission d'agrément.

 

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/