L’élaboration évolutive des cadres de gestion du risque : Mark Struck


Pour les actuaires, chaque domaine de pratique offre des défis et des possibilités uniques, et la gestion du risque d’entreprise (GRE) ne fait pas exception.

Pour Mark Struck (sur la photo), vice-président de la GRE chez la Compagnie mutuelle d’assurance Wawanesa, convaincre ses collègues de la valeur d'un cadre de gestion du risque – un élément de plus en plus important dans le marché d'aujourd'hui – était l'un de ces défis.

Possédant des antécédents actuariels traditionnels en tarification et en établissement des réserves, il travaille dans ce domaine depuis trois ans et dit ce qui suit : « Je n’ai eu aucun mal à intégrer la GRE; l'interaction avec les diverses parties de la société est au nombre des principales responsabilités des actuaires. J’ai eu davantage de difficulté à modifier mon régime de travail – j’ai passé deux ans à me concentrer sur ce à quoi devrait ressembler la machinerie de gestion des risques, délaissant ainsi les chiffres. Toutefois, nous avons maintenant bouclé la boucle et commencé à dresser un portrait financier des risques auxquels nous sommes exposés.

« Dans le cadre de mon poste actuel, j'ai bâti notre pratique de GRE de A à Z et j’aide la société à gérer les risques au quotidien. En mettant en place des processus et des évaluations, nous visons à instaurer une pensée axée sur tous les risques auxquels nous sommes exposés et maintenant, on peut assister à certaines conversations qui n’auraient pas eu lieu il y a deux ans.

« La mise en place d’un cadre de gestion du risque est un processus évolutif, mais nous sommes maintenant dotés d’une solide capacité de quantification des risques et nous sommes en mesure d’illustrer ce que seraient notre bilan et l’état des résultats selon une vaste gamme de scénarios. Nous pouvons faire une démonstration concrète sur papier et permettre ainsi aux gens d'avoir une meilleure idée de la sensibilité de la société à l’égard des divers risques auxquels elle est exposée. »

Le parcours vers ce résultat fini n’a pas toujours été en ligne droite, ajoute M. Struck, FICA, FCAS, MAAA, qui est établi à Winnipeg, au Manitoba. « La modélisation a nécessité beaucoup de temps compte tenu de la méthode de collecte de données, qui diffère légèrement du travail actuariel normal. Pour documenter tous les risques, il convient de mobiliser tous les dirigeants à l’échelle de l’organisation, ce qui, en soi, relève du défi.

« La détermination des risques qui seraient susceptibles d’entraver la mise en œuvre des stratégies de la société est au cœur de la gestion du risque. Il faut, pour ce faire, avoir une perspective large de l’organisation et cet exercice s’avère plus bénéfique lorsque chacun adopte une réflexion décloisonnée. Dans le cadre d’une structure d’entreprise classique, pour certains, cette tâche peut être contre nature. Lorsque les dirigeants commencent à voir et à comprendre l’incidence de leur travail sur l’entreprise, ils s’investissent davantage et commencent à ajouter de la valeur au processus. »

Malgré l’attrait de ce domaine en expansion rapide et des possibilités qu'il offre, M. Struck affirme qu'il comporte tout de même des difficultés. « Lorsqu’on pénètre dans une salle avec des gens qui ne sont pas des actuaires, ceux-ci peuvent parfois se dire : "Cette conversation ne sera pas facile". Il faut parfois adopter un langage différent. Si on est capable de donner un sens au risque, et ce, dans un langage familier pour l’auditoire, il devient plus facile de faire comprendre la valeur potentielle de la gestion du risque.

« Je recommande vivement la GRE. Les actuaires sont en excellente position pour y faire leur place, le travail actuariel étant déjà en grande partie axé sur certains principaux facteurs de risque pour les sociétés, notamment l'incertitude liée à la tarification, l’établissement des réserves et la volatilité du marché. Mon séjour en tarification et en établissement des réserves préalablement à l’intégration de la GRE m’a permis de porter un regard holistique sur les opérations. Je suis maintenant en mesure d’ajouter de la valeur en présentant le profil de risque complet de la société. »

Canadian Institute of Actuaries/Institut canadien des actuaires
http://www.cia-ica.ca/