Une fin enrichissante à une carrière diversifiée


À la suite d'une carrière de 40 années remplie d'occasions à saisir et de nouvelles expériences, l'ancien président de l'ICA David Oakden s'apprête à relever un nouveau défi : la retraite.

Il s'est retiré du travail d'actuariat à temps plein et a récemment fait ses adieux à ses collègues du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), où il a passé les sept dernières années et occupé la fonction de directeur général de la division de l'actuariat.

M. Oakden dit : « Prendre sa retraite procure un sentiment étrange; chaque jour, on se rend au travail, puis, tout à coup, on ne le fait plus. J'ai travaillé à de nombreux projets stimulants et maintenant, je m'efforce de m'occuper l'esprit. Les actuaires parlent abondamment de la planification de la retraite, puis leur intérêt à cet égard devient plus personnel. »

Son engagement dans le domaine de la science actuarielle remonte à un emploi d'été qu'il a occupé en 1967 alors qu'il fréquentait toujours l'université, où il a obtenu un doctorat. Il a occupé son premier emploi à temps plein auprès de la société d'assurance-vie L'Excelsior pour, en 1975, se retrouver au sein de la société d'assurances multirisques Aetna, une société sœur. C'est à ce moment qu'il a débuté sa carrière dans le domaine des assurances IARD, alors que le Canada ne comptait que quatre actuaires spécialisés dans ce secteur.

Il dit ceci : « Les sociétés d'assurances IARD n'avaient jamais fait appel à des actuaires et dès qu'ils ont commencé à les employer, ils se sont rendus compte de l'avantage concurrentiel que leur procurerait la compréhension du fruit de leur travail; à l'heure actuelle, les plus grandes sociétés comptent plus de 30 actuaires. J'ai fait mes débuts en assurance-vie, mais j'ai migré vers les assurances IARD parce qu'il s'agissait d'un nouveau domaine offrant une occasion de mettre à l'essai de nouvelles idées et où tout était à bâtir. En assurance-vie, j'étais un subalterne, mais je suis devenu l'actuaire en chef en assurances IARD au sein de ma société. Aujourd'hui, une telle occasion ne pourrait jamais se présenter. »

La retraite a permis à M. Oakden de centrer son attention sur d'autres domaines de la pratique actuarielle. « Par exemple, il existe maintenant de nouveaux défis dans le domaine des régimes de retraite. On abandonne les régimes à prestations déterminées (PD) au profit des régimes à cotisations déterminées (CD), ce qui force les praticiens de ce domaine à évoluer. Les régimes PD sont des véhicules nécessaires; même pour quelqu'un comme moi, qui ai travaillé dans ce domaine, la planification de la retraite n'est pas chose aisée. Si vous vous fiez à des placements insuffisants, ou à un régime CD, vous ne mettrez probablement pas assez d'argent de côté. Si vous disposez d'un régime PD, vous obtiendrez un certain montant, ce qui facilite la compréhension. Je m'inquiète de ce que bon nombre de Canadiens disposent d'un revenu de retraite insuffisant le moment venu. »

En 2000, il devenait président de l'ICA, ce qu'il qualifie de point culminant de sa carrière : « J'ai eu la chance de prendre part à des discussions internationales et de diriger l'Institut. Il y avait beaucoup à faire; j'étais président lorsque nous sommes passés du vieux Conseil à l'actuel Conseil d'administration et que nous avons mis sur pied nos trois directions. J'ai consacré beaucoup de temps à m'efforcer d'assurer le bon fonctionnement des choses et j'ai aussi participé aux ententes de reconnaissance mutuelle avec les Britanniques, les Irlandais et les Australiens. »

M. Oakden, qui a passé la majeure partie de sa carrière chez Towers Perrin (maintenant Towers Watson), a d'abord pris sa retraite à l'âge de 60 ans. Il dit ceci : « Je faisais de la consultation, ce qui était épuisant physiquement, et je voulais quelque chose de moins exigeant. Puis j'ai pris conscience que j'aimais faire quelque chose de significatif et j'ai pensé qu'auprès du BSIF, j'apporterais une contribution et je ferais une différence. Ce fut au-delà de mes attentes.

« Au cours de mes six premières années au sein du BSIF, j'ai accompli du travail d'actuariat classique, mais au cours de la dernière année, je me suis concentré sur l'assurance hypothèque, ce qui fut d'un grand intérêt. C'était très différent de l'assurance-vie ou des assurances IARD, plusieurs aspects s'apparentant au secteur bancaire. Ce fut une bonne expérience, qui a élargi mes horizons. »

L'homme de 67 ans, qui est toujours partiellement engagé au sein de la profession grâce au « bénévolat et à un peu de consultation », affirme ce qui suit : « Je suis content d'être à la retraite, mais le bureau me manque aussi; j'y avais beaucoup d'amis. Jusqu'à l'année dernière, j'étais le représentant du Canada auprès de l'Association internationale des contrôleurs d'assurance. J'ai accompli beaucoup de travail à la suite de la crise financière et j'ai pris part à des réunions aux quatre coins du monde.

« Je ne peux imaginer meilleure carrière que la mienne, et mon travail au sein du BSIF a été une façon très enrichissante de tirer ma révérence. »