Éloge d'un document sur le changement climatique soutenu par l'ICA

Un document soutenu par l'Institut canadien des actuaires (ICA) et qui porte sur les conséquences financières du changement climatique s'est attiré les éloges d'un membre éminent de la profession.

L'ICA est l'un des organismes ayant participé à la production de ce nouveau rapport intitulé Déterminer les répercussions du changement climatique sur le risque d'assurance et la communauté mondiale. Rédigé par trois spécialistes de la modélisation climatique, ce rapport de 174 pages s'appuie sur des facteurs comme les échelles spatiales et temporelles, les entités d'intérêt, les critères de jugement et le degré souhaité de certitude pour analyser la façon dont le changement climatique peut influencer le paysage de la gestion des risques.

Ce document est le fruit de discussions entre l'ICA, la Casualty Actuarial Society, la Society of Actuaries et l'American Academy of Actuaries, qui, ensemble, ont mis sur pied des comités chargés de faire ou soutenir des recherches dans ce domaine et d'évaluer les implications potentielles en matière de gestion des risques pour ceux qui travaillent dans le secteur des assurances. Mme Caterina Lindman, membre de l'ICA (photo ci-dessus), assure la présidence du groupe de travail sur l'index du climat (CIWG), qui a fait appel à la collaboration des représentants des diverses associations actuarielles et des scientifiques du climat de chez Solterra Solutions pour produire le rapport.

Le mois dernier, le document a fait l'objet d'un examen par M. Yves Guérard, ex-secrétaire-général de l'Association Actuarielle Internationale (AAI) de 1997 à 2010 et qui avait été chargé de former le Groupe de travail sur l'environnement de l'AAI. Dans un article publié dans
The Actuary, le magazine de la profession actuarielle au Royaume-Uni, M. Guérard indique [traduction] : « Les titres de compétences des auteurs et le contenu scientifique bien documenté font de ce rapport une source d'information très crédible pour tous les actuaires. La communauté actuarielle internationale est reconnaissante à l'endroit des quatre associations actuarielles nord-américaines pour le temps et les ressources qu'elles ont investis pour mener à bien ce rapport, et plus particulièrement envers les membres du CIWG qui ont conseillé les auteurs. »

M. Guérard ajoute : « Le rapport s'adresse avant tout aux Américains, qui sont nombreux à ne pas croire à la thèse anthropogénique du changement climatique. Les auteurs ont donc traité avec prudence la question de l'incertitude scientifique, afin de ne pas différer l'adoption de mesures comme ce fut le cas, par exemple, avec le tabagisme, les chlorofluorocarbures et l'épuisement de la couche d'ozone. Ils indiquent de façon explicite que l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour ne rien faire, comme le stipule l'article 3.3 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, à laquelle sont parties les États-Unis et 194 autres pays. Le rapport soutient que le recours à des produits d'assurance comme moyen de protection financière s'inscrit à merveille dans ce principe. »

Il ajoute : « Je suis persuadé que même les plus fervents négationnistes du changement climatique changeront d'avis après avoir lu moins de la moitié des quatre premiers chapitres. Notons cependant l'existence de deux autres chapitres qui renferment des données scientifiques à l'appui de la création de deux indices, à savoir l'Indice actuariel des changements climatiques (IACC) et l'Indice actuariel des risques climatiques (IARC). »

Selon Mme Lindman : « Il est encourageant d'entendre ces commentaires de la part de M. Guérard. Des commentaires de la sorte prouvent que les efforts de ceux qui ont participé à ce projet seront utiles à toute personne qui s'intéresse à l'étude des conséquences du changement climatique sur les assureurs et la société dans son ensemble. Le CIWG attend avec intérêt de servir une fois de plus la communauté en créant l'IACC et l'IARC. »