Une pause de la retraite amène de nouveaux défis


par Rob Brown, FICA

À la suite d'une longue et fructueuse carrière, Rob Brown, membre de l'ICA, a entrepris de relever un nouveau défi : celui de devenir président désigné de l'Association Actuarielle Internationale (AAI).

L'ancien professeur au département de statistique et de science actuarielle de l'Université de Waterloo a récemment été élu à ce poste prestigieux et, en 2014, il prendra la relève de Kurt Wolfsdorf à la présidence de l'Association.

Bien qu'il soit à la retraite, M. Brown, Ph. D., FICA, FSA, ACAS, Hon FIA, pourrait être très occupé pendant l'année qui vient. Il dit ceci : « C'est un honneur et un privilège d'être président désigné, mais c'est également une responsabilité. Je veux réaliser certaines choses : l'AAI a la capacité de mettre sur pied des comités, d'établir des règles et de mettre en œuvre des mesures administratives, à un point tel qu'elle pourrait s'enliser; je veux donc accroître son agilité et sa capacité de réaction. Les questions de la planification stratégique et des Normes internationales de pratique actuarielle (NIPA) se pointent à l'horizon et, si nous ne faisons pas preuve de prudence, nous pourrions nous retrouver dans une voie où le délai entre la naissance d'une idée et la mise en œuvre de la politique pourrait être de deux à trois ans.

« Nous (les membres de l'AAI) ne nous réunissions que tous les six mois, et certaines choses ne peuvent se régler par courriel ou par téléphone. Certains dossiers nécessitent des réunions en personne, mais cela ne veut pas dire qu'il faille six réunions pour obtenir des résultats. Nous sommes présents partout dans le monde et nous nous efforçons de veiller à ce que chaque région soit représentée au sein de nos comités. Accroître la fréquence de nos rencontres à plus de deux fois l'an est irréaliste. Mais nous sommes en train de mettre au point une procédure d'approbation qui sera cruciale. Nous devons acquérir une souplesse beaucoup plus grande.

« L'AAI travaille d'arrache-pied pour rehausser la réputation des actuaires et de la profession actuarielle. Nous sommes en place depuis assez longtemps pour passer du mode réactif au mode proactif. Nous pouvons marcher la tête haute et démontrer davantage d'assurance; nous sommes là depuis 15 ans et nous n'avons rien à regretter. »

Mais certains défis pourraient nous attendre, ajoute-t-il : « Les actuaires ont une tendance naturelle à tout analyser, ce qui peut finir par paralyser; donnez un pied à un actuaire et il le mesurera. Nous avons tendance à réfléchir à chaque problème qui pourrait survenir avant de passer à l'action. »

Toutefois, le professeur Brown, qui exerce le bénévolat depuis 35 ans et qui a mérité de nombreuses reconnaissances pour ses écrits sur la retraite, est d'avis que cette expérience contribuera à la réussite de ses projets : « J'assiste à des réunions de l'AAI depuis 15 ans; je connais donc les gens et je crois bien que j'ai pris le pouls des membres en général. Il n'y aura donc pas de grandes surprises. »

Le fait d'être membre de l'ICA pourrait également constituer pour lui un avantage. Il dit ceci : « Nous faisons vraiment plus que notre poids. Nous sommes perçus comme un organisme de principe et comme une organisation qui place véritablement les intérêts du public devant les siens. On peut considérer que bon nombre de normes élaborées à l'échelle internationale sont issues de bases canadiennes. Nous avons de quoi être immensément fiers. »

Pendant son mandat à titre de président, M. Brown présidera le 30e Congrès International des Actuaires, qui se tiendra à Washington, D.C., en 2014. Il dit que ces événements stimulants, de même que les rencontres avec des organismes tels que la Banque mondiale et l'Organisation mondiale de la santé, lui apportent « beaucoup d'énergie ». Et il ajoute : « Il est intéressant de travailler avec des gens des quatre coins du monde. Chacun a des antécédents et une culture propres et a évolué avec des réglementations différentes. On en vient à apprécier ces différences, et lorsque l'on réussit à obtenir l'accord de 10 à 12 de ces personnes au sujet d'un produit, on peut être certain que celui-ci est de première qualité. »

La dernière décennie a été captivante pour les actuaires. Prenons par exemple l'Europe postcommuniste : sous le régime communiste, aucun de ces pays n'était doté d'une profession actuarielle. Aujourd'hui, ils ont besoin d'actuaires et en recherchent. En parallèle, on assistait à la croissance des marchés libres en Chine, en Inde et ailleurs, et la demande d'actuaires est maintenant énorme.

« Les nouveaux débouchés sont nombreux. Les risques, ainsi que la capacité de les mesurer et de les gérer, constituent un excellent débouché. La gestion du risque d'entreprise prolifère partout dans le monde et l'AAI fait tout ce qu'elle peut pour favoriser ce développement. L'AAI a également contribué à la mondialisation du titre de compétence de CERA (Chartered Enterprise Risk Analyst).

« Le monde se rétrécit et les institutions financières multinationales s'en remettent aux compétences des actuaires au plus haut niveau. Le travail à l'échelle internationale revêt une grande importance, tout comme la présence internationale de la profession. »