Les tests de maths : une réalité bien douloureuse


De nombreux actuaires ont une aptitude naturelle pour les mathématiques, qui sont une passion à laquelle ils donnent libre cours dans leur choix de carrière. Mais une étude scientifique a révélé que chez pas moins d'une personne sur cinq, le fait de penser à un test de mathématiques produit pour le cerveau le même effet qu'une brûlure aux mains sur une cuisinière.

Des scientifiques ont suivi des étudiants se préparant à diverses tâches mathématiques et ont constaté que la région du cerveau qui s'active à ce moment-là est la même que celle associée à la douleur viscérale, celle que ressentirait une personne qui se serait brûlée.

Toutefois, on n'a pas observé cet effet pendant l'exécution de la tâche mathématique en tant que telle, mais seulement lors de la phase de préparation, ce qui laisse entendre que c'est le fait d'anticiper l'activité mathématique qui cause la douleur, et non l'activité elle-même.

Les volontaires pour l'étude ont fait l'objet d'une évaluation à l'aide d'une machine IRMf, qui a permis aux chercheurs d'étudier leur activité cérébrale au moment où ils faisaient des maths. On a soumis aux volontaires des équations dont ils devaient vérifier la validité, par exemple (12 x 4) – 19 = 29. Lorsqu'ils étaient dans le tomodensitomètre, les sujets devaient également résoudre des problèmes de mots : on leur montrait ainsi une série de lettres (p. ex., yrestym), dont ils devaient déterminer si l'inversion produisait un mot anglais correctement orthographié.

L'étude des images IRMf a révélé que le fait d'anticiper la tâche mathématique engendrait une réaction cérébrale semblable à une douleur physique. Plus la tâche mathématique engendrait de l'appréhension chez un sujet, plus le fait d'anticiper cette dernière activait l'insula postérieure, un repli de tissu situé dans les profondeurs du cerveau, juste au-dessus de l'oreille, qui a pour fonction de traiter les informations liées aux menaces directes pour l'organisme et à la douleur.

Effectuées par le Dr Ian Lyons, boursier postdoctoral du département de psychologie de l'Université Western de Londres (Ontario), et par Sian Beilock, professeur de psychologie à l'Université de Chicago, ces constatations sont présentées dans un article du journal PlOS One : « When Math Hurts: Math Anxiety Predicts Pain Network Activation in Anticipation of Doing Math. »

Selon eux, cette étude révèle l'existence bien réelle d'une réaction psychologique négative associée à la perspective de faire des maths, qu'il convient de prendre en charge comme toute autre phobie. D'après les chercheurs, plutôt que de donner devoir de maths sur devoir de maths aux élèves angoissés par cette matière, il faudrait leur offrir une aide active afin de les familiariser avec elle.

Ils ont souligné que si rien n'est fait, la douleur vécue par les personnes en proie à une anxiété intense reliée aux mathématiques les amènerait à se détourner de situations concrètes d'ordre mathématique, ou même de carrières entières faisant intervenir les mathématiques.