février 2013 Archives | publicité | www.cia-ica.ca

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Les opinions tranchées peuvent accroître la visibilité

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par Simon Curtis, FICA
Président de l'ICA

Tout au long de mes nombreuses années d'engagement au sein de l'ICA, une question a toujours été d'actualité, celle de déterminer comment l'Institut pourrait acquérir une reconnaissance publique accrue pour la profession et contribuer de manière plus efficace au dialogue sur les enjeux clés en matière de retraite et de sécurité financière, que nous considérons comme les pierres angulaires de notre domaine de pratique.

De quelle manière l'ICA devrait-il participer au débat public? Devrions-nous être des « militants » qui expriment des opinions – parfois tranchées – sur des enjeux, ou devrions-nous jouer un rôle de « courtier honnête » en présentant des données clés afin d'encadrer et d'éclairer les débats en demeurant à l'écart du militantisme?

Par le passé, l'Institut a eu un fort penchant pour le rôle de « courtier honnête ». Cette approche a été appuyée par l'opinion, au sein de la direction, selon laquelle les positions militantes ne devraient être adoptées que lorsqu'il y a consensus au sein de la profession, et(ou) lorsqu'une position n'est pas offensante pour une minorité significative de nos membres ou même de nos principales parties intéressées. Lorsqu'il s'agit d'encadrer notre apport au dialogue public, il s'agit-là d'obstacles difficiles à surmonter étant donné que même les déclarations anodines sur des questions d'actualité nécessitent souvent une prise de position. Il faut reconnaître que cette façon de faire a notamment l'effet d'un éteignoir sur la volubilité de la profession dans le dialogue public par rapport à ce qu'elle pourrait être.

Cette attitude a également comme conséquence de réduire l'impact de nos interventions lorsque nous prenons part au débat sur certains enjeux. Pourquoi en est-il ainsi?

Cela est principalement attribuable au fait que lorsque l'on n'adopte pas de position tranchée, en particulier dans les médias, on est habituellement perçu comme n'ayant rien à dire qui soit digne d'intérêt ou sérieux. Par conséquent, pour nous qui représentons une profession qui devrait se trouver au cœur des débats sur la retraite, les soins de santé, la solvabilité des sociétés d'assurance et d'autres questions relatives à la sécurité financière, notre opinion se trouve presque inévitablement assourdie. Je ne crois pas que cela serve bien notre profession ou le public; de plus, d'autres opinions, parfois moins pertinentes, remplissent le vide, et le point de vue réfléchi et éclairé des actuaires n'est pas entendu.

J'ai récemment eu l'occasion de discuter de cette question avec la direction de l'Institute of Actuaries of Australia (IAA). Ayant eu des préoccupations relatives à sa faible visibilité dans les médias et auprès du public et à la faible incidence de la profession en Australie, l'organisme a entrepris deux démarches.

D'abord, et peut-être de façon plus draconienne, l'Institute a décidé, pour tous les énoncés en matière de politique publique, de défendre un point de vue ou une perspective tranchée. Autrement, aucun énoncé de position n'est élaboré. Cette façon de faire est à l'opposé de l'approche canadienne et de celle du UK Institute, qui consistent, en règle générale, à éviter les positions militantes. À la U.S. Academy, l'approche semble se trouver à mi-chemin. Il est intéressant de constater que les rapports de la direction australienne indiquent que cette approche a eu pour effet d'accroître de façon significative la visibilité de la profession dans les médias et à l'égard des politiques publiques, ce qui, conséquemment, a valu à l'organisme l'aval de ses membres.

La deuxième démarche consistait à inviter les membres à rédiger des articles et à s'engager auprès des médias afin de faire valoir leur opinion sur des sujets d'actualité. L'IAA facilite ce processus par le truchement de son personnel, qui fournit aux actuaires des coordonnées et d'autres outils leur simplifiant le contact avec les médias. En théorie, cela peut entraîner la participation publique d'actuaires campés sur des positions opposées dans un débat politique clé. Selon l'organisme, cela a également contribué à accroître la visibilité de la profession.

Compte tenu des objectifs à long terme de l'ICA qui visent l'augmentation de notre contribution au débat sur les politiques publiques et l'ouverture de la profession vers de nouveaux débouchés, l'accroissement de la visibilité des actuaires est fort probablement une étape cruciale. Mais cela s'avérera ardu sans une contribution plus vigoureuse et plus provocatrice des actuaires ou de leur organisme professionnel au dialogue public et d'une présence plus soutenue dans les médias.

Jusqu'où, en tant que profession au Canada, sommes-nous prêts à aller pour atteindre cet objectif? Voilà la question que nous devons nous poser.

Simon Curtis, FICA, est le président de l'ICA.

 

 

 

 

 

 

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