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Une passion pour la profession qui ne va pas s’éteindre malgré la retraite

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Spécialiste reconnu en planification de la retraite au Canada, Malcolm Hamilton intervient souvent dans les médias pour discuter de la manière dont les gens peuvent préparer au mieux leur vie après le travail. Mais quand il s'agit de sa propre retraite, il dit éprouver des sentiments « plutôt partagés » quant à la perspective de se retirer définitivement de la vie active.

Devant quitter à la fin de l'année son poste d'associé chez Mercer à Toronto (Ontario), il a affirmé à ce sujet : « Je n'ai ni plan détaillé, ni vision précise de ce que cela va signifier.

« Ma charge de travail a déjà diminué, passant de 100 pour cent à environ 60 pour cent, ce qui n'a pas semblé poser de difficulté particulière. Je lis, je suis l'actualité, je participe à des examens de documents par les pairs, ce qui est très agréable. Après mon départ à la retraite, j'imagine que j'interviendrai moins en public et que j'écrirai davantage. Rien ne me manquera, parce que je poursuivrai les activités qui m'intéressent : écrire, prendre la parole et apprendre. Le système de régimes de retraite au Canada m'intéresse au plus haut point, et cela va continuer. »

Le regard que porte M. Hamilton sur la profession dans laquelle il s'est engagé dans les années 1970 (il est devenu Fellow de la Society of Actuaries en 1977 et FICA l'année d'après) suscite en lui une inquiétude, en raison du contexte changeant auquel sont exposés les actuaires en régimes de retraite et autres spécialistes de ce domaine.

« Nous savons désormais qu'il est coûteux et risqué pour les entreprises d'offrir des régimes de retraite à prestations déterminées, ce dont on ne se rendait toutefois pas compte lorsque les régimes étaient jeunes et les conditions économiques favorables. Il nous faut se débarrasser des régimes à prestations déterminées. J'ai espoir qu'ils seront remplacés par les régimes à prestations cibles (PC), lesquels, je crois, sont dotés d'une meilleure structure. Les régimes du secteur public commencent à expérimenter les conceptions de régimes à PC, ce qui pourrait constituer de prometteuses sources d'activité pour les actuaires. Mais nous ne sommes pas près de voir les entreprises du secteur privé aller dans ce sens. Elles vont d'abord expérimenter les régimes à cotisations déterminées (CD), qui peuvent et seront améliorés à l'aide de mesures de défaut "judicieuses". Nous ne sommes qu'au début de la courbe d'apprentissage des régimes à CD; si l'expérience est concluante, les entreprises n'auront pas besoin d'essayer les régimes à PC. Mais en cas d'échec, les régimes à PC seront pour eux la prochaine solution vers laquelle se tourner. Une fois que nous aurons appris à bien concevoir les régimes à CD et à PC, ceux-ci peuvent réussir à la fois aux employés et aux employeurs. »

Bien qu'il ne se livre plus à aucune prévision depuis de nombreuses années, M. Hamilton a ajouté : « Les temps vont être difficiles pour les personnes qui veulent épargner en vue de leur retraite. Dans le contexte actuel, aucune structure de régime de retraite ne peut prospérer. Nous avons fait de bonnes choses dans les années 1990; par exemple, le financement partiel du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec était une bonne initiative. Nous avons accompli davantage que presque tous les autres pays en matière de préparation des retraites, principalement en adoptant une approche contraire à celle des autres pays. Par exemple, le Canada réduisait son endettement public entre 1995 et 2008 alors que les autres pays du G7 augmentaient le leur. Malheureusement, en augmentant l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse à 67 ans, nous avons semble-t-il décidé de suivre la direction des autres pays qui ont de façon constante mal géré leurs systèmes de retraite. Voilà un chemin qui ne mène nulle part. »

M. Hamilton, maintenant âgé de 61 ans, a évoqué ses propres années de retraite en ces termes : « Les facultés mentales des gens déclinent, et il arrivera un moment où je n'aurai pas les ressources intellectuelles suffisantes pour comprendre ce qui se passe, mais j'espère que cela n'arrivera pas avant 20 ans. Ne comptant pas me dissocier des questions liées à l'économie ou aux retraites, je délaisse simplement un travail visant à gagner de l'argent.

« Quand je regarde quelqu'un comme Rob Brown [ancien professeur de l'Université de Waterloo], qui semble remarquablement actif en dépit de son départ à la retraite, je me dis que des gens comme lui ne disparaissent pas d'un seul coup et que j'espère pouvoir suivre son exemple. »

 

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