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Une vie de GRE

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Bruce Paterson, FICA, FCAS, MAAA, a consacré toute sa carrière à la gestion du risque d'entreprise (GRE) étant donné que, selon lui, « toute la profession actuarielle œuvre dans le domaine de la GRE ».

Il s'explique : « La formation et l'éducation des actuaires sont orientés dans cette direction et il s'agit pour eux d'un souci qui va de soi. En notre qualité d'actuaire, la GRE nous définit et, à ce titre, j'ai toujours, dans une certaine mesure, touché à la GRE. Qu'il s'agisse de tarification, de réassurance ou de gestion de portefeuille, la fonction s'associe toujours d'un degré plus ou moins élevé de gestion du risque. »

Une vaste expérience

Pendant les neuf dernières années, M. Paterson et un collègue – également du nom de Paterson, mais sans lien de parenté – ont dirigé leur propre cabinet boutique de consultation en assurance/réassurance, Paterson2, dont la clientèle actuelle comprend des sociétés des États-Unis, de la Barbade, des Bermudes, de l'Europe, du Moyen-Orient et d'ailleurs. Toutefois, au cours de sa carrière, M. Paterson a agi à titre de conseiller en actuariat, d'actuaire en chef au sein de la société de réassurance Aon, d'actuaire en chef au sein d'une compagnie d'assurance, de directeur des produits et de chef de l'exploitation.

Il dit ceci : « Mon premier emploi en actuariat, qui était dans le domaine de l'assurance-vie, consistait notamment à établir des tables de mortalité, mais je suis tout de suite passé aux assurances IARD. J'ai passé dix ans aux États-Unis dans les domaines de la consultation et de la réassurance, puis je suis devenu le premier actuaire en assurances IARD à être embauché par la société de réassurance Aon à Chicago. Je crois qu'ils se sont dit : "Nos plus grands concurrents se sont dotés d'un actuaire, nous devrions faire de même". »

Par la suite, il a touché à diverses fonctions, notamment celles de conseiller auprès de captives d'assurance contre les erreurs médicales, d'actuaire désigné pour des entités d'assurance privées et publiques, de responsable de l'élaboration d'applications aux fins des modèles de catastrophe, de mobilisateur de fonds pour des entreprises en démarrage telles que la société de réassurance LaSalle, et de membre du conseil d'administration de compagnies d'assurance et de réassurance. Pendant sa carrière, il a touché à tous les secteurs d'activité du domaine de l'assurance non-vie.

Maintenir sa pertinence

Maintenant, ses activités sont souvent axées vers la réassurance et la gestion du capital. Il dit : « J'ai consacré la moitié de mon temps à faire de la consultation et à donner des conseils, et l'autre moitié à gérer des transactions visant à atteindre des objectifs établis au moyen du processus de consultation. Les gens veulent transférer leurs risques de façon plus efficiente et efficace, et nous leur demandons d'imaginer tout d'abord un marché de la réassurance tout à fait efficient (ce qui provoque habituellement des rires), puis, dans ce monde idéal, de se poser la question "Qu'aimeriez-vous acheter?" Dans de nombreux cas, il s'agit d'entités d'assurance, pas nécessairement au sens pur du terme – dans un cas en particulier, une mutuelle ayant un excédent/avoir net de 700 à 800 millions de dollars – qui viennent nous demander : "Sommes-nous pertinents aujourd'hui?"

« Par exemple, pendant les quelques années qui ont précédé l'an 2000, des sociétés de services publics des quatre coins de la planète s'agitaient, s'inquiétant des effets possibles de l'avènement de l'an 2000 sur leurs opérations et de la possibilité d'un affaissement de l'industrie. Elles se sont adressées à leurs diverses captives d'assurance de l'industrie pour obtenir soutien et conseils, et ces entités se sont à leur tout demandé : "Si de telles choses se produisent, comment devons-nous nous comporter? Que pouvons-nous faire?" L'industrie de l'assurance/réassurance "ordinaire" ne s'est pas montrée aussi compréhensive que les captives l'auraient espéré à ce moment. Ainsi, diverses transactions non traditionnelles ont été conçues, créées et mises en place afin de permettre à ces entités à la fois de continuer à soutenir leurs membres et de poursuivre leurs activités pendant cette période difficile. Peu après la crise, le marché de l'assurance "ordinaire" a retrouvé un état plus normal, les prix ont chuté et la couverture a repris, puis il y a eu Enron... Bien entendu, diverses crises ou perturbations surviendront au fil du temps, mais dans quelle mesure sommes-nous prêts ou pouvons-nous nous y préparer de façon réaliste? »

« Les chefs de la direction et chefs de services financiers des entités d'assurance sont bien conscients de leurs responsabilités fiduciaires. Ils peuvent avoir quelques centaines de millions en revenu issus de leur portefeuille ou des primes, mais ils en dépensent de 60 à 70 millions pour acheter de la réassurance ou une protection, ce qui représente habituellement leur dépense la plus importante. En réalité, les probabilités que surviennent divers événements indésirables sont inconnaissables, mais nous nous efforçons de leur donner un cadre nous permettant d'évaluer les compromis inévitables entre les coûts et le transfert du risque avec le temps, sous réserve des contraintes opérationnelles "réelles" et "perçues". Bien entendu, il y a des situations dans lesquelles les gens assument beaucoup moins de risques que ce que suggère notre cadre. Les gens sont naturellement réfractaires au risque et n'aiment pas le risque de perte; lorsque les choses vont mal, ils se rendent compte qu'il y a une tendance répandue de chercher un coupable, même si ces événements indésirables étaient connus et même si, à long terme, cette tendance est très coûteuse. »

Ingénierie de l'assurance

« Beaucoup de situations sont prétendument "inmodélisables" et la prévision est un art sombre, mais nous pouvons tenter de nous attaquer aux situations peu probables et nous demander : "Comment réagirons-nous?" Selon Solvabilité II, il faut examiner les événements qui surviennent une fois tous les 200 ans, ces événements qui n'ont pas de nom, mais qui vont survenir. Il faut présumer que l'on ne peut pas réassurer tout ou transférer tous les risques et calculer le capital dont on aura besoin pour soutenir ces scénarios. »

Les actuaires possèdent un ensemble compétences uniques et sont très bien outillés pour assurer la GRE, ajoute M. Paterson, titulaire d'un diplôme en génie. « Ils sont comme des ingénieurs de l'assurance; ils conçoivent des choses qui existent sur papier, puis doivent se projeter dans 40 ou 50 ans. Qui sait ce qui se produira alors? Mais les gens recherchent cette sécurité et nous sommes en mesure de les aider à planifier aussi loin. »

 

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