février 2012 Archives | publicité | www.cia-ica.ca

Retour à la page principale

L’indice actuariel des changements climatiques

Print Imprimer cet article | Envoyez à un collègue


par Caterina Lindman, FICA

En 2008, le Groupe consultatif sur l'image (GCI), composé de représentants de l'Institut canadien des actuaires (ICA), de l'American Academy of Actuaries (AAA), de l'American Society of Pension Professionals & Actuaries (ASPPA), de la Casualty Actuarial Society (CAS), de la Conference of Consulting Actuaries (CCA) et de la Society of Actuaries (SOA), a étudié la possibilité de faire réaliser des travaux de recherche en actuariat présentant un intérêt pour le public, dans le cadre des efforts qu'il déploie pour rehausser l'image de la profession.

L'idée qui en est ressortie a été de concentrer un projet de recherche sur les changements climatiques. En particulier, la notion d'indice actuariel des changements climatiques (IACC) est-elle fondée? Le GCI a finalement conclu qu'un tel indice était viable, mais qu'il convenait de travailler davantage pour en rassembler les divers éléments. Peu après cette décision, la CAS a créé un Comité sur les changements climatiques, qui a constitué à son tour le Groupe de travail sur l'indice (GTI), dans le cadre d'une collaboration entre l'ICA, la SOA, l'AAA et la CAS.

Le GTI a établi une liste d'indicateurs fondamentaux des changements climatiques, dont :

  • l'état de la calotte glaciaire arctique;
  • les températures moyennes à la surface des terres émergées;
  • les précipitations;
  • le niveau de la mer;
  • la température de surface de la mer;
  • la fonte des glaciers terrestres;
  • les feux de végétation;
  • les inondations;
  • les épisodes de sécheresse.

Il a également confié au groupe de recherche Solterra Solutions, que dirige Andrew Weaver, scientifique canadien de premier plan spécialisé dans les changements climatiques, une étude sur cet indice. Des recherches sont en cours pour la réalisation de la 1ère phase : analyser la documentation et identifier les sources de données concernant les indicateurs de changements climatiques, ainsi que proposer une stratégie pour élaborer l'IACC. Il est prévu de mettre au point un indice global présentant un intérêt pour le public, ainsi qu'un indice davantage axé sur le secteur des assurances, qui aura son utilité et son importance dans la communauté actuarielle.

L'indice global permettra d'informer le public sur la variation du climat et les changements climatiques projetés, si nous restons, comme si de rien n'était, sur la voie des émissions provenant de combustibles fossiles. James Hansen, climatologue de renommée mondiale, l'affirme (James Hansen, Makiko Sato, Reto Ruedy : Perceptions of Climate Change: The New Climate Dice [en anglais seulement]) : « L'obstacle le plus important à la reconnaissance par le public des changements climatiques dus à l'homme est la variabilité naturelle du climat. »

C'est ainsi qu'à l'heure où ces lignes sont écrites, il semble que nous ayons un hiver très doux dans le sud de l'Ontario. Mais s'agit-il simplement d'un hiver doux, ou est-ce dû au changement du climat? Et si le climat change, ce qui entraîne des hivers doux, est-ce là vraiment une mauvaise chose? Mais supposons que cela nous amène également des étés plus chauds. Afin d'étudier la première question concernant la variabilité naturelle, Hansen et al. ont analysé les températures depuis 1951. Utilisant les trois décennies 1951-1980 comme période de référence, ils ont constaté que les trois décennies suivantes ont été chacune d'entre elles successivement plus chaudes, si bien que les températures extrêmes élevées de la période de référence sont bien plus courantes de nos jours.

Températures en juin, juillet et août

Distribution mondiale des anomalies

Dans la période de référence, la probabilité de températures estivales qui se situent à plus de trois écarts-types au-dessus de la moyenne est de moins de 0,5 %; c'est ce qu'on attendrait de variations qui suivent une distribution normale. Ces dernières années, le pourcentage de températures observées en juin, juillet et août qui se situent à plus de trois écarts-types au-dessus de la moyenne se répartit comme suit (Hansen, ibid.) :

Année % de températures très élevées
2006
8 %
2007
7 %
2008
6 %
2009
7 %
2010
17 %
2011
10 %

Ces augmentations de températures deviennent perceptibles, car la probabilité de températures très élevées est au moins 10 fois supérieure à ce qu'elle devrait normalement être dans la période de référence (1951-1980).

Hansen (ibid.) l'affirme : « Une des conséquences de cette évolution est que les anomalies climatiques estivales extrêmes au Texas en 2011, à Moscou en 2010 et en France en 2003 ne se seraient presque certainement pas produites en l'absence du réchauffement planétaire et de l'évolution de la distribution des anomalies qu'il occasionne. En d'autres termes, nous pouvons dire avec un fort degré de certitude que ces anomalies extrêmes résultent du réchauffement planétaire. »

Alors même si nous apprécions que nos hivers soient plus cléments, les températures plus douces présentent des inconvénients, comme le montrent les événements extrêmes énumérés plus haut. Les changements climatiques peuvent mettre en péril l'accès des personnes à l'eau, en raison des sécheresses et de la fonte des glaciers. Il peut aussi porter atteinte à notre capacité de cultiver des produits alimentaires, car les conditions climatiques extrêmes peuvent détruire les cultures.

Comme l'ICA travaille en partenariat avec le groupe de travail, nous présenterons dans les années à venir les résultats de notre étude aux membres de l'Institut.

Caterina Lindman, FICA, est présidente du Groupe de travail sur l'indice du Comité sur les changements climatiques.

 

360, rue Albert, bureau 1740, Ottawa, ON K1R 7X7
Tél. : 613.236.8196 Téléc. : 613.233.4552
www.cia-ica.ca