janvier 2012 Archives | publicité | www.cia-ica.ca

Retour à la page principale

Des occasions non traditionnelles pour les actuaires en GRE

Print Imprimer cet article | Envoyez à un collègue








Une occasion non traditionnelle inattendue s'est transformée en une fonction fascinante et variée pour Nikolina Gateva, praticienne en gestion du risque d'entreprise (GRE), une voie qu'elle presse d'autres actuaires de suivre.

Madame Gateva, Fellow de l'Institut canadien des actuaires et de la Society of Actuaries, est vice-présidente chez Terragon Environmental Technologies, une entreprise qui élabore des appareils simples permettant aux collectivités de traiter leurs déchets localement, sans endommager l'environnement. Les villes isolées, les navires, les centres de villégiature et les hôpitaux sont au nombre des utilisateurs finaux de ces appareils.

Les fonctions actuelles de Nikolina Gateva sont complètement différentes de celles qu'elle exerçait auparavant en qualité de conseillère en régimes de retraite et, dit-elle, « lorsque j'ai entrepris ce nouveau travail, je ne savais pas que je travaillerais dans le domaine de la GRE. J'ai saisi une occasion de m'écarter du rôle actuariel traditionnel pour devenir davantage une généraliste. Depuis ce temps, mes activités sont davantage axées sur la gestion du risque, la détermination des degrés de risque et la prise de décision stratégique. »

Intégrer Terragon pour assumer des fonctions si peu traditionnelles « suscitait chez moi à la fois défi et exaltation », ajoute-t-elle, « parce que je mets mes compétences au service de la croissance d'une entreprise, ce qui est très gratifiant. Plusieurs actuaires excelleraient dans des activités [non traditionnelles] comme celles-ci.

« Il s'agit d'une entreprise très compétente en ingénierie qui n'avait jamais auparavant travaillé avec un actuaire. L'entreprise était en développement et avait besoin d'expertise en matière d'investissement, de comptabilité, de questions d'ordre juridique et pour le développement d'un régime d'actionnariat des employés. La direction a cru utile de s'adjoindre un professionnel en matière de finances, et je crois que son choix s'est arrêté sur moi non seulement parce que j'étais actuaire, mais parce que je possédais les compétences appropriées pour apporter une contribution à l'entreprise. Une grande partie du talent qu'on m'attribue me vient de mes antécédents actuariels. J'ai consacré huit années à la consultation en matière de régimes de retraite – un cheminement de carrière passablement spécialisé – mais cette occasion d'emploi m'interpellait sur le plan personnel. Révolutionner la gestion des déchets dans le monde n'est pas une mission banale. »

Selon Industrie Canada, les petites et moyennes entreprises (PME) comme Terragon constituent le moteur économique du pays : elles sont à l'origine de 60 pour cent de la production économique du Canada, embauchent 80 pour cent de sa main-d'œuvre et génèrent 85 pour cent des nouveaux emplois. Elles sont donc des employeurs de choix pour les actuaires avides de contribuer à l'industrie.

Mme Gateva affirme que les PME ont un besoin évident qui, en règle générale, n'est pas comblé à l'heure actuelle : elles tireraient profit de l'expertise d'un professionnel polyvalent ayant la capacité d'intégrer des disciplines aussi variées que les placements et les relations avec les investisseurs, la comptabilité, les prévisions, les aspects d'ordre juridique et la gouvernance. La solution : un actuaire.

Compte tenu de leur vulnérabilité à l'égard des fluctuations du marché, les PME sont les entreprises qui ont le plus besoin d'un actuaire possédant les compétences nécessaires pour repérer et gérer les risques et les possibilités inhérents à tous les aspects des activités commerciales, et celles qui, par conséquent, présentent une plus grande valeur pour ces spécialistes. Établie à Montréal, au Québec, Mme Gateva touche à tout, des projets de petite envergure à la prise de décision stratégique, et dit ceci : « Étant beaucoup plus sensibles aux fluctuations que les plus grandes compagnies, les PME doivent depuis toujours se prêter à une certaine forme de GRE et s'efforcent du mieux qu'elles peuvent de réduire les risques au minimum. Je protège les investissements à tous les niveaux et je porte plusieurs chapeaux. Par exemple, j'agis à titre de liaison avec les actionnaires, l'institution bancaire et les organismes de financement de l'entreprise, je surveille son exposition aux risques financiers ainsi que la gestion de la trésorerie – si je vois un contrat en dollars américains, j'envisage tout naturellement des façons de réduire au minimum le risque de change. Je dirais aussi que la capacité d'intégrer rapidement de nouveaux concepts et d'apprendre de façon autonome, ce pour quoi les actuaires sont bien outillés, ainsi que le fait de s'entourer de fournisseurs de services spécialisés constituent des éléments clés de la réussite. »

Elle soutient en outre que les actuaires seraient des collaborateurs inestimables dans le domaine de la GRE, mais qu'ils pourraient avoir du mal à envisager de sortir de leurs fonctions traditionnelles pour intégrer une entreprise dont ils toucheraient à tous les aspects simplement parce qu'ils ignorent « le formidable coffre à outils » que constituent leurs compétences.

Ils sont tout à fait en mesure de relever tous les défis qu'offrent les PME à la recherche de professionnels compétents dans le domaine de la GRE, ajoute-t-elle. La GRE a fourni aux actuaires une précieuse plateforme leur permettant d'accroître leur visibilité et la profession doit saisir cette occasion. « Nous nous confinons à notre expertise fondamentale. Pourquoi la plupart des chefs des services financiers sont-ils des comptables? Les entreprises ne savent pas en quoi consistent les activités des actuaires. Elles reconnaissent nos compétences en ce qui concerne les chiffres, mais ne savent pas que nous possédons des habiletés en matière de communication des résultats. Lors de mes interactions avec les parties prenantes, mon statut d'actuaire me donne de la crédibilité, mais pour les compagnies, nous demeurons des professionnels hautement spécialisés, dont les activités sont obscures.

« Les compagnies sont de plus en plus conscientes de la nécessité d'adopter une démarche structurée à l'égard de la gestion du risque. L'économie a démontré la nécessité de planifier, et les actuaires sont très bien outillés en la matière.

La profession actuarielle est la seule qui considère la compagnie comme un tout, et la GRE acquerra de l'importance lorsque les entreprises auront du mal à s'adapter à la situation économique. Nous devrions nous efforcer de remédier à cette perception limitée en veillant à ce que les entreprises comprennent la valeur unique que revêtent les actuaires, mais également faire prendre conscience aux actuaires de leurs possibilités. Nous devons mettre en valeur la diversité de la formation que nous obtenons et notre talent à concevoir des solutions pratiques et créatives. »


 

360, rue Albert, bureau 1740, Ottawa, ON K1R 7X7
Tél. : 613.236.8196 Téléc. : 613.233.4552
www.cia-ica.ca