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Entrevue avec Patrick De Roy

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Fort de son expérience à titre de conseiller en régimes de retraite et de ses connaissances des placements, Patrick De Roy offre, depuis de nombreuses années, ses conseils à divers clients dans le domaine de plus en plus important de la gestion du risque.

M. De Roy, qui possède les titres de FSA (Fellow de la Society of Actuaries), CERA (Chartered Enterprise Risk Analyst), CFA (analyste financier agréé) et FRM (Financial Risk Manager), en plus de celui de FICA, est associé de la firme Morneau Shepell à Montréal. « J'occupe le poste de Chef de la pratique nationale en gestion du risque », nous a-t-il indiqué. « À ce titre, je travaille avec les clients, notamment les chefs de la gestion du risque et les directeurs financiers, afin d'évaluer les risques liés aux régimes de retraite et de mettre au point des stratégies d'atténuation du risque en recourant à certaines analyses telles que la modélisation de l'actif et du passif et la répartition du risque. Par exemple, si la volatilité associée aux excédents (déficits) s'élève à 12 % par année, il me faudra fournir des renseignements supplémentaires aux clients. D'où provient ce chiffre de 12 %? Quelle proportion relève des risques liés au marché, au taux d'intérêt, à la longévité, etc.? Les entreprises se dotent de budgets de risque, car elles désirent assumer certains risques, mais elles doivent déterminer lesquels elles sont prêtes à assumer et dans quelle mesure. »

M. De Roy, qui est également responsable de la recherche à l'interne en gestion du risque auprès de la firme Morneau Shepell, ajoute que « la gestion du risque est très bien perçue au sein de l'entreprise. Il ne s'agit pas de notre activité principale, qui demeure les services traditionnels associés aux régimes de retraite et aux avantages sociaux, mais les autres experts-conseils de la firme connaissent bien les services que nous pouvons offrir à nos clients. »

« Il existe présentement une demande accrue pour les services de gestion du risque liés aux caisses de retraite. Les clients cherchent à obtenir des solutions dynamiques. S'ils doivent investir des sommes considérables dans les caisses de retraite au cours des années à venir, ils veulent s'assurer, au minimum, qu'ils n'auront pas à faire face aux mêmes problèmes que durant la crise financière de 2008. Il existe un certain risque, mais quels sont les meilleurs moyens d'en gérer la volatilité?

« De nombreuses caisses de retraite détiennent une part considérable d'actions, ce qui représente un risque majeur en raison de la volatilité des marchés. Une autre source de risque provient des taux d'intérêt, car peu de caisses de retraite sont à l'abri de la fluctuation de ces taux. Au cours des années 1990, le rendement de l'actif affichait des niveaux si élevés qu'il n'était pas facile de convaincre les promoteurs de réduire le risque auquel ils étaient exposés. Les crises de 2001 et de 2008 ont par contre réussi à leur faire comprendre qu'ils sont dans une position à risque.

« Nous travaillons maintenant avec nos clients à établir des stratégies d'atténuation du risque et à mettre au point des plans d'action pour le moment opportun. »

Selon M. De Roy, il est important d'établir un cadre de gestion du risque progressif, car certaines entreprises songent à mettre en œuvre des stratégies graduelles d'atténuation du risque plutôt que d'adopter une approche du « tout ou rien ». « Il n'est pas facile de convaincre les gens d'apporter des modifications importantes à leur politique de placements. Ils affirment qu'ils "ne possèdent pas les fonds nécessaires ou que les taux d'intérêt se situent à des niveaux trop faibles", alors ils ne désirent pas effectuer des changements importants. Certains croient même que la gestion du risque n'est qu'une mode passagère. À mon avis, les entreprises peuvent en tirer une valeur ajoutée certaine. La plupart des entreprises doivent, dans le cadre de la gestion du risque de l'entreprise, tenir compte des risques associés aux régimes de retraite et aux avantages sociaux, car les risques liés aux cotisations aux caisses de retraite sont relativement élevés. »

Selon M. De Roy, les actuaires, en tant que membres de la profession, doivent faire face à de nombreux défis. « Nous connaissons très bien le domaine de la gestion du risque. Nous possédons des connaissances spécialisées quant à la conception de cadres approfondis de gestion du risque. Toutefois, je ne crois pas que nous soyons les chefs de file sur le marché. Les comptables, par exemple, se penchent assidûment sur la question de la gestion du risque. Comme ils connaissent bien le bilan financier des secteurs d'activités de leurs clients, ils sont bien placés pour aller de l'avant dans ce domaine. Nous possédons toutefois l'expérience nécessaire pour nous tailler une place de choix sur le marché. Le titre CERA et l'appui que nous obtenons en matière de gestion du risque porteront leurs fruits au fil du temps.

« Nous pouvons certainement offrir nos services en tant que professionnels de la gestion du risque, mais la profession devra continuer à investir dans ce domaine. Nous aurons à relever des défis certains si nous voulons devenir le chef de file, mais cela ne sera pas impossible. »

 

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