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L’actuaire – un technicien ou un professionnel?

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par Micheline Dionne, FICA
Présidente de l'ICA

La question à savoir si l’actuaire est un technicien ou un professionnel en est une qui revient souvent, sous plusieurs angles différents; je me suis d’ailleurs surprise à y réfléchir à maintes reprises au cours des dernières semaines. À la base, qu’est-ce qui différentie un professionnel d’un technicien? Le premier principe directeur de l’ICA nous met sur la bonne piste : l’Institut fait passer l’intérêt du public avant les besoins de la profession et de ses membres. Mais qu’en est-il dans la pratique?

C’est vrai que la profession actuarielle comprend un grand volet technique, qui est au cœur de notre réputation et qui contribue au mythe de l’actuaire. Voilà pourquoi il s’agit d’un atout incroyable. En même temps, cela représente un de nos plus grands facteurs de risque. Cette science qui est la nôtre n’est pas facile à vulgariser et il peut être tentant d’en limiter la vulgarisation, question de paraître plus intelligent ou tout simplement d’avoir la paix. Il est aussi rassurant de se limiter à notre rôle de technicien, de se tenir loin des jugements de valeur et de fermer les yeux en se disant que notre rôle est de déterminer une valeur financière et non de prendre des décisions pour notre employeur ou notre client. Assurément, la première raison d’être de l’actuaire est de faire de bons calculs, étant donné une série d’hypothèses et d’engagements financiers. C’est la base même de notre formation. Les calculs sont complexes et demandent une bonne dose de jugement et d’expérience, notamment pour discerner les facteurs qui sont pertinents et matériels de ceux qui ne le sont pas.

Être un professionnel demande d’aller au-delà des calculs demandés et de se demander s’il n’existe pas d’autres besoins qui ne sont pas identifiés mais qui sont flagrants. Il pourrait notamment s’agir de se prononcer sur la valeur des hypothèses qu’on demande à l’actuaire d’utiliser et sur les risques qui sont pris, surtout si nos employeurs ou nos clients prennent des risques dont nous soupçonnons qu’ils n’en mesurent pas la portée exacte. Il est possible que la première réaction ne soit pas très positive, mais à long terme ce partage de connaissances fera une grande différence dans l’avenir de la profession et dans les recours futurs à nos services. Il est primordial que la portée des risques encourus soit mieux comprise. Nous avons un devoir de transparence et de clarté, le devoir de prendre le temps d’expliquer la nature de nos études et de nos recommandations dans un langage facilement compréhensible. Notre public n’en sera que plus reconnaissant. De plus en plus, leur confiance dépendra de notre transparence. Nous ne sommes pas Dieu et nous ne pouvons pas empêcher les incidents de se produire; par contre, nous pouvons contribuer à en amoindrir les effets ou à se préparer à leur faire face.

Il y a tellement à faire dans un monde qui comporte des risques de plus en plus nombreux et variés. La profession est promise à un grand avenir dans la mesure où nous serons capables d’être davantage que de simples techniciens.

Je me permets d’être optimiste quant aux choix que nous ferons!

Si vous avez des questions ou commentaires, n’hésitez pas à m’écrire à president@actuaires.ca.

Micheline Dionne, FICA, est la présidente de l’Institut canadien des actuaires.

 

 

 

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