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Mars 2018
 
 

Retour sur le Colloque sur les régimes de retraite et les investissements à Montréal

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par Joseph Gabriel, FICA

Le Colloque sur les régimes de retraite et les investissements de février, le tout premier offert entièrement en français et auquel 100 membres ont participé, a remporté un vif succès. On peut accéder à des enregistrements captés lors du colloque sur le site Web (vous devez ouvrir une session pour y accéder).

Énoncé public portant sur l’âge de la retraite

À l’occasion de la séance inaugurale, Jacques Tremblay, ancien président, et Michel St‑Germain, président de la Commission consultative sur les régimes de retraite, ont présenté une mise à jour au nom du groupe de travail à thème unique sur l’âge de la retraite de l’ICA. Ils ont parlé de la perception courante selon laquelle la croissance économique constitue l’un des principaux facteurs qui seront en mesure d’appuyer la retraite des générations futures, en établissant parallèlement que le fait de demeurer plus longtemps sur le marché du travail aura aussi des effets positifs. Ils ont également mentionné que l’augmentation de la durée de la vie active n’aura pas d’incidence sur les chances des plus jeunes travailleurs sur le marché du travail.

Certaines mesures proposées auraient pour effet à la fois de favoriser la viabilité du système de retraite canadien et de permettre aux finances publiques de couvrir plus facilement les coûts de la santé qui montent en flèche. Ces mesures consistent notamment à hausser l’âge de la retraite de 65 à 67 ans et à augmenter l’âge de la retraite différée à 75 ans en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada (RPC), la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Régime de rentes du Québec (RRQ). L’ICA n’a pas terminé de se pencher sur la question de l’âge de la retraite.

La réglementation du Québec en matière de capitalisation : les répercussions sur l’actuariat et les placements

La deuxième séance portait sur les répercussions qu’aura la réglementation du Québec relative au retrait de la capitalisation du déficit de solvabilité et à la mise en place d’une provision de stabilisation, communément appelée la provision pour écarts défavorables, sur l’actuariat et les placements. Michel St-Germain et Ramy Rayes ont abordé plusieurs points de vue intéressants quant au recours de plus en plus fréquent aux titres à revenu fixe, au contrôle de la durée, à la prise en considération d’autres instruments de placement et à l’appariement de l’actif et du passif, lesquels peuvent tous avoir une incidence sur le niveau de provision de stabilisation nécessaire. Ils ont soulevé des questions intéressantes, dont le déficit de solvabilité déclaré (non capitalisé) et son influence possible sur les décisions de placements, ainsi que le souhait que les mesures législatives annoncées contribuent à mettre fin à l’érosion des régimes de retraite à prestations déterminées.

L’achat de rentes dans le nouvel environnement législatif

On a poursuivi avec les répercussions des modifications législatives relatives aux régimes de retraite sur les stratégies d’achat de rentes. Louis-Bernard Désilets et Alan Savoie ont illustré l’incidence de ces modifications au moyen d’études de cas, donnant ainsi une touche interactive à la présentation de cet exposé. Leurs conclusions ont su capter l’attention de l’auditoire. Ils ont montré que les risques étaient les mêmes, que l’achat de rentes permettait d’assurer de façon efficace la gestion des échéances et que le nouvel environnement législatif offrait aux promoteurs de régimes une souplesse accrue à l’égard de l’achat de rentes.

Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles

Après un excellent déjeuner, Ramy Rayes a de nouveau entretenu l’auditoire, cette fois pour parler des enjeux relatifs à la modélisation de l’actif et du passif. Il a présenté des modèles traditionnels, des évaluations qualitatives et des études de cas relatifs à une correction au marché canadien de l’habitation et aux changements climatiques. Afin de souligner l’importance d’adopter une démarche qualitative à l’égard des modèles quantitatifs traditionnels dans le but d’éviter une compréhension limitée des résultats défavorables, il a cité le statisticien britannique George Box, qui affirmait que « Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles. »

Toujours en ce qui concerne les régimes de retraite

Animée par Tommy Ouellet, la dernière séance portait sur les occasions de rendement pour les régimes de retraite dans un contexte de faibles taux d’intérêt, un sujet d’actualité depuis plusieurs années. Il a conclu sa présentation en insistant sur le fait que, quel que soit le contexte de taux d’intérêt, toute solution de placement optimale doit se fonder sur une analyse complète de l’actif-passif dans un cadre de gestion des risques bien défini.

Questions et réponses

Les questions et les commentaires des participants ont soulevé des enjeux tels que l’espérance de vie des retraités, la souplesse des options de retraite à coût neutre et la réalisation des promesses des régimes publics.

En ma qualité d’actuaire, j’étais ravi d’entendre que les régimes de retraite publics du Canada sont parmi les plus rigoureusement provisionnés et surveillés du monde. Malheureusement, cela n’est peut-être pas le cas en ce qui concerne le financement des soins de santé. 

Merci pour cet excellent colloque

Je profite de cette occasion pour remercier les membres de la commission organisatrice, soit Alison Rose, June Smyth, Stephen Cheng, Alan Cooke, Gordon Ripley et Tulio Walles Mora, qui ont planifié cet événement formidable.

Surveillez les événements à venir, en particulier l’Assemblée annuelle qui aura lieu les 21 et 22 juin dans la grande ville de Toronto (les inscriptions ouvriront sous peu). Au plaisir de vous y voir!

Joseph Gabriel, FICA, est actuaire membre du personnel de l’ICA, éducation.

 

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