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Avril 2015
 
 

Le PAU : un élément rigoureux du système d’éducation de l’ICA

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par Alicia Rollo, LHRA

Alors que se conclut la troisième année de mise en œuvre du Programme d’agrément universitaire (PAU) et que nous procédons à la première révision en profondeur de celui-ci, le moment est opportun pour discuter de rigueur.

Premiers principes et approche

Nous croyons que la mise en valeur des liens avec les universités a pour effet de renforcer la profession actuarielle au Canada.

La politique relative au PAU publiée en 2010 en vue d’une mise en œuvre à l’automne 2012 exposait les grands principes en vertu desquels serait régi le programme, les exigences minimales auxquelles devaient satisfaire les universités agréées et les critères auxquels devaient répondre les candidats pour se voir attribuer des crédits à l’égard de certaines exigences d’éducation préliminaires de l’ICA. Cette politique énonçait également les exigences relatives aux révisions à court et à long termes nécessaires, lesquelles offriraient une occasion de réfléchir aux principes et aux objectifs fondamentaux du programme afin de garantir que ce dernier continue de répondre aux besoins de l’Institut et de ses parties prenantes.

Contexte

Brièvement, pour les lecteurs qui connaissent moins bien le PAU, le modèle de l’ICA consiste en un agrément attribué un cours à la fois et étroitement associé aux programmes d’études préliminaires de l’ICA, de la Society of Actuaries (SOA) et de la Casualty Actuarial Society (CAS), contrairement à un agrément obtenu au moyen d’un diplôme ou d’un programme agréé, auquel recourent certains autres organismes actuariels ailleurs dans le monde. L’ICA a décidé d’adopter ce modèle afin d’être en mesure de surveiller la capacité de chaque université d’établir une correspondance avec les programmes d’études, d’enseigner la matière correspondante et de mettre à l’épreuve les objectifs d’apprentissage connexes. Les deux modèles comportent à la fois des avantages et des inconvénients, et l’agrément de programme demeure une possibilité à prendre en considération.

Le PAU offre aux candidats l’option de déposer une demande afin d’obtenir des crédits à l’égard des examens FM, MFE, MLC, LC (candidats de la CAS seulement) et C. Chaque crédit d’examen requiert la réussite de un à quatre cours avec la note minimale exigée, laquelle est toujours au moins de B/70, avec certains cours exigeant des notes aussi élevées que A/90. Nous établissons ces notes en examinant les répartitions historiques des notes pour chaque cours agréé et en comparant le nombre estimé d’exemptions par rapport aux pourcentages de passage généraux pour les examens de la SOA et de la CAS. Les notes minimales de cours ont été établies avec une marge prévoyant que les exemptions universitaires soient fixées à un niveau supérieur. Cela s’est avéré vrai avec un pourcentage de passage moyen global pour le PAU s’établissant à 36,5 % à l’échelle des onze universités agréées, ce que l’on observe comme étant inférieur au pourcentage de passage global à l’égard des examens préliminaires de la SOA.

Les candidats doivent passer les examens P et ST (candidats de la CAS seulement), et aucun crédit de niveau Fellow n’est attribué dans le cadre du PAU. Les examens P et ST n’ont pas été inclus dans le programme parce que la majorité des cours requis sont enseignés à l’extérieur du département d’actuariat et sont donc hors de la portée de l’ICA et de l’actuaire chargé de l’agrément (AcA) aux fins de surveillance. La surveillance des cours n’est qu’un des moyens auxquels recourt l’ICA pour garantir la rigueur du PAU.

Quels sont donc les autres moyens de maintenir une approche solide et rigoureuse à l’égard de la formation préliminaire? Plusieurs mécanismes officiels sont en place, par exemple la politique, les lignes directrices et les pratiques exemplaires qui établissent la couverture minimale du programme d’études (85% ou plus), les procédures d’examen (80 % de la note finale doit être issue d’examens) et la note minimale exigée pour chaque cours aux fins de l’obtention du crédit. Lorsque la correspondance au programme d’études est inférieure à 100 %, les universités doivent fournir des détails concernant le matériel supplémentaire abordé qui est pertinent pour la profession.

Représentation de la profession au sein des universités

Chaque université doit compter un AcA nommé par l’ICA et titulaire du titre de Fellow. L’AcA représente les yeux et les oreilles de l’ICA au sein de l’université et constitue la principale personne-ressource pour tout ce qui concerne les communications et l’administration liées au PAU. L’Institut compte sur la collaboration de l’AcA pour assurer la promotion et l’administration des exigences du PAU à l’interne. Par conséquent, l’ICA demeure en communication étroite avec les AcA de toutes les universités agréées au moyen d’appels périodiques visant à obtenir la rétroaction des universités et de transmettre de l’information, notamment des préavis concernant les modifications apportées à la politique et des pratiques exemplaires. La Commission de l’agrément (CA) de l’ICA, les AcA et le personnel tiennent également une réunion annuelle conjointe afin de discuter de la stratégie et de l’orientation du PAU, ainsi que de son administration courante.

La politique relative au PAU énonce en outre les exigences visant les membres du corps professoral afin d’assurer la représentation adéquate de la profession au sein de l’université. Au chapitre des cours, une confirmation donnée par les chargés de cours individuels par l’intermédiaire du Formulaire de confirmation des chargés d’enseignement fournit à l’ICA l’assurance et la preuve que chaque cours agréé satisfait aux exigences de l’ICA relatives au programme d’études et aux examens avant que l’Institut n’attribue des crédits aux candidats. Si un cours ne satisfaisait pas aux exigences, il ne serait pas admissible aux fins des crédits dans le cadre du PAU. Le formulaire recueille aussi des données essentielles concernant la taille de la classe, le nombre d’étudiants ayant atteint ou dépassé la note exigée et d’autres renseignements visant des fins de contrôle. L’analyse de ces précieuses données permet à l’ICA de repérer toute possibilité de surévaluation.

Révisions annuelles

La visite annuelle d’un examinateur externe (EE) dans chaque université offre une rigueur accrue. La visite d’une journée et demie comprend une révision des examens et de la répartition des notes, ainsi que des rencontres individuelles avec l’AcA, les chargés de cours et les membres de la direction de l’université, dont le doyen, le vice-doyen et le chef du département. L’EE vérifie également la conformité continue de l’université à l’égard des politiques, des lignes directrices et des pratiques exemplaires de l’ICA aux fins du maintien de leur agrément.

Enfin, le programme fait l’objet d’une surveillance continuelle formelle et informelle de la part de la Direction de l’admissibilité et de la formation (DAF) et du Conseil d’administration de l’ICA.

Administration courante

Outre les mécanismes formels de surveillance et de contrôle, l’administration courante du programme ajoute à celui-ci une rigueur substantielle. Au siège social de l’ICA, notre équipe interne (Joseph Gabriel, actuaire membre du personnel, éducation; Caroline Thebault, coordonnatrice, éducation et perfectionnement professionnel; et moi-même) s’emploie à travailler en collaboration avec les onze universités, à répondre aux demandes de renseignements des membres et des candidats, à assurer le suivi de la correspondance du programme-cadre d’études, à élaborer des règles transitoires lorsque les cours universitaires et(ou) le plan du PAU subissent des modifications, à organiser des visites auprès des étudiants et à assurer la coordination des visites des EE, à recueillir les plans de cours au début de chaque session et à recueillir et analyser les données contenues dans les formulaires de confirmation des chargés d’enseignement à la fin de chaque cours. Nous examinons les demandes de crédit des étudiants dans le cadre du PAU et coordonnons la transmission de ces données avec la SOA et la CAS, ce qui permet aux candidats de naviguer sans problème à travers leurs systèmes d’éducation afin de satisfaire aux autres exigences d’admissibilité de l’ICA.

Surveillance continue

Nous assurons la surveillance continue de l’environnement du PAU afin de repérer tout problème potentiel et de trouver des solutions qui répondent aux besoins de la profession, des universités et des étudiants. Nous mettons également en place des mécanismes permettant d’assurer le suivi des données de manière à pouvoir suivre les progrès des étudiants lorsque ceux-ci passent les examens de niveau Fellow et ainsi de confirmer que les candidats ayant obtenu des exemptions possèdent les connaissances fondamentales appropriées pour réussir les examens ultérieurs de niveau Fellow.

Les efforts conjugués du Conseil d’administration de l’ICA, de la DAF, de la CA, des AcA, du corps professoral des universités agréées et du personnel de l’ICA permettent d’assurer que le programme demeure un élément viable et stratégique du système d’éducation de l’ICA et qu’il produise des candidats possédant les connaissances préalables nécessaires à la poursuite de leurs études ultérieures qui les mèneront en fin de compte au titre de FICA.

Récent sondage sur le PAU à l’intention des membres

Enfin, j’ai pensé qu’il serait intéressant de vous transmettre quelques résultats préliminaires du sondage sur le PAU que nous avons mené récemment auprès des membres. Dans le cadre de la révision fondamentale, nous souhaitions mesurer la connaissance qu’ont les membres du PAU et se renseigner sur les perceptions, le degré de connaissance et les opinions de ces derniers à l’égard du programme. Au moment d’écrire ces lignes, nous avions reçu 600 réponses, qui nous fournissent déjà d’importantes indications quant à la voie à suivre :

  • La connaissance du programme augmente, mais la connaissance détaillée du PAU demeure très faible.
  • Nous devons faire davantage pour communiquer aux étudiants, aux employeurs et aux membres en quoi consiste le PAU et comment il fonctionne.
  • La majorité des répondants (70 %) estiment que la formation universitaire constitue un moyen d’éducation et d’évaluation approprié à l’égard des connaissances actuarielles au stade préliminaire.
  • Nous sommes ravis de ce résultat. Étant donné que 29 % des répondants ont affirmé être en désaccord avec cette méthode d’éducation et d’évaluation des candidats actuariels, nous nous rendons compte qu’il convient de poursuivre nos démarches de sensibilisation et de continuer d’accroître la rigueur du programme afin d’acquérir la confiance des membres et des parties prenantes. Il convient de mentionner que l’ICA conservera l’option fondée sur les examens pour l’obtention du titre d’AICA pour les candidats qui préfèrent ce parcours.

Demeurez à l’affût pour obtenir de plus amples renseignements concernant les résultats du sondage et le rapport définitif relatif à la révision fondamentale du PAU cet automne.

Nous sommes ravis et fiers des progrès que nous avons réalisés à titre de seul organisme actuariel d’Amérique du Nord à avoir mis en place un système d’agrément universitaire. Il reste encore beaucoup à accomplir au fil des révisions, des mises au point du système d’éducation canadien et de l’amélioration continue de celui-ci avec le soutien de nos partenaires en éducation.

Remerciements aux artisans de cette initiative

Nous sommes extrêmement reconnaissants envers les nombreux bénévoles et les membres de la communauté universitaires qui ont contribué à nous amener jusqu’ici. Les premiers rapports et les premières recommandations en faveur d’un système d’éducation universitaire en Amérique du Nord remontent aux années 1960 et ont contribué à bâtir le PAU qu’on connaît aujourd’hui. Les forces conjuguées de la profession actuarielle du Canada et de nos universités agréées feront en sorte que le système d’éducation de l’ICA continuera de produire des professionnels en actuariat remarquables pour l’avenir.

Si vous avez des questions ou des commentaires, veuillez les adresser à agrement@cia-ica.ca.

Alicia Rollo, LRHA, est la directrice, adhésion, éducation et perfectionnement professionnel de l’ICA. 
 

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