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Novembre 2014
 
 

Le processus d’agrément universitaire canadien

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par Peter Muirhead, FICA

Le Programme d’agrément universitaire (PAU) procure à l’ICA un système robuste lui permettant de reconnaître l’excellente qualité de l’éducation dispensée par les universités canadiennes et offre aux meilleurs étudiants actuariels une autre voie pour satisfaire à quelques-unes des exigences d’admissibilité préliminaires de l’ICA.

Les motifs de la mise en place du programme

De nombreuses universités canadiennes :

  • Offrent un enseignement en actuariat rigoureux et de qualité supérieure en ce qui concerne les matières techniques et fondamentales essentielles;
  • Possèdent une vaste expérience pour ce qui est d’évaluer la compréhension des objectifs d’apprentissage;
  • Sont des spécialistes en éducation, ce que reconnaît l’ICA. La salle de classe constitue le milieu approprié pour enseigner (et mettre à l’épreuve) bon nombre des habiletés techniques essentielles aux actuaires.

De plus, l’ICA estime qu’il est crucial de tirer profit de l’agrément universitaire pour assurer à la profession un meilleur avenir au Canada, et est d’avis que nous bénéficions globalement du fait que les étudiants se concentrent sur la réussite à l’université et l’obtention d’une éducation équilibrée plutôt que de s’exercer à réussir des examens. Au final, le programme permet de réduire la duplication dans le processus d’évaluation et d’accroître l’efficacité dans l’atteinte des exigences de qualification aux fins de l’obtention du titre d’AICA, permettant ainsi aux candidats de se préparer plus tôt en vue des examens de niveau Fellow. Le véritable test pour les candidats du PAU sera leur réussite et leur progression dans l’atteinte des exigences pour accéder au titre de Fellow, alors qu’ils démontreront qu’ils maîtrisent les compétences requises.

Les objectifs du PAU

Le PAU n’a pas pour but d’instaurer pour la profession une exigence liée à un diplôme et de rendre élitiste l’éducation en actuariat en exigeant les notes les plus élevées. Il s’agit d’un moyen facultatif pour les très bons candidats canadiens d’obtenir des crédits à l’égard de certains examens préliminaires. Les examens préliminaires de la Society of Actuaries (SOA) et de la Casualty Actuarial Society (CAS) continueront d’être reconnus par l’ICA pour les candidats qui choisissent de ne pas suivre la voie des exemptions.

De plus, grâce au PAU, la profession est mieux en mesure d’attirer les meilleurs talents. Le parcours menant au statut d’actuaire est souvent perçu par les étudiants comme étant trop long ou trop lent à offrir des récompenses par rapport à d’autres professions. Il est essentiel de faire preuve de créativité à l’égard de notre système d’éducation afin d’attirer de futurs actuaires qui sauront maintenir la position de respect que s’est taillée la profession sur le marché financier, et qui continueront d’élargir les débouchés pour les actuaires dans l’avenir.

Le programme-cadre d’études canadien en actuariat

Au bout du compte, il incombe à l’ICA de définir ce qu’est un actuaire au Canada, principalement pour assurer la protection de l’intérêt public. Pour tous les volets de son système d’éducation, l’Institut doit choisir les méthodes d’évaluation et de validation les plus efficaces aux fins de l’attribution à ses membres des titres professionnels d’AICA et de FICA. L’ICA prend cette responsabilité très au sérieux, ce qu’il continue de faire avec le PAU. Une responsabilité proactive repose sur une éducation adéquate des futurs membres et l’Institut assume, maintenant plus que jamais, sa responsabilité à l’égard de l’éducation.

Le nouveau programme-cadre canadien d’éducation est un exemple de ce changement de paradigme. D’ici peu, l'ICA aura son propre programme d’éducation, lequel continuera d’être mis en œuvre grâce aux éléments suivants :

  • L’éducation universitaire;
  • L’établissement de partenariats avec d’autres organismes actuariels;
  • Ses propres programmes d’éducation et de perfectionnement professionnel.

La différence tient au fait que ce programme-cadre, qui constituera un système d’éducation autonome menant aux titres professionnels d’AICA et de FICA, sera défini exclusivement par l’ICA plutôt que d’être nécessairement un dérivé d’autres titres professionnels actuariels. Il s’agit de l’un des quatre objectifs stratégiques de l’Institut à long terme :

 « L’ICA est considéré comme un organisme de formation et non seulement comme un organisme d’agrément. Il assume l’entière responsabilité du cheminement éducatif (qui peut comprendre une externalisation des activités) menant à l’obtention du titre de FICA, lequel est reconnu comme un agrément de haute qualité et indépendant (c.-à-d. sans obligation de s’aligner sur un autre titre). »

Le point où nous en sommes

Pour les cours débutant à l’automne 2012, dix universités canadiennes offrant des programmes d’actuariat reconnus ont reçu l’agrément de l’ICA. En 2013, une autre université s’est jointe au groupe.

Depuis le début de leur agrément, toutes les universités ont reçu la visite d’un examinateur externe en 2013 et en 2014. L’examen de l’examinateur externe se penche sur ce qui suit :

  • Les procédures de tests et d’examens;
  • Des échantillons d’examens remplis par des étudiants et les libellés d’examens;
  • Le nombre et la qualité des étudiants ayant obtenu la note minimale donnant droit à une exemption;
  • Les exigences relatives au corps professoral;
  • La possibilité d’inflation des notes.

L’examinateur externe s’entretient également avec des personnes-ressources clés de l’université, notamment l’actuaire chargé de l’agrément (AcA), soit un Fellow de l’ICA qui est responsable du PAU à l’université, et des chargés d’enseignement afin de partager des renseignements au sujet des pratiques exemplaires de l’ICA.

Les étudiants

Les étudiants qui présentent des demandes d’exemptions doivent obtenir les notes minimales dans chaque cours rattaché à un programme d’examen donné. En règle générale, pour obtenir une seule exemption, deux à quatre cours sont requis. Les notes donnant droit à une exemption ont été établies en fonction des pourcentages historiques de réussite des étudiants de chaque université à l’égard des examens de la SOA et de la CAS. Les notes minimales d’exemptions, qui s’échelonnent à partir de B+ selon le cours et selon l’université, font l’objet d’un contrôle annuel assuré par l’ICA.

À ce jour, 100 étudiants ont obtenu des exemptions d’examens, plus d’une dans certains cas, soit un total de 131 exemptions accordées au moment de la rédaction de ces lignes. La note moyenne atteinte par les étudiants ayant obtenu un crédit d’examen par l’ICA était, en moyenne, de 9,5 points supérieure à la note d’exemption requise.

Les leçons tirées jusqu’ici

Le processus d’examen externe a révélé que les universités faisaient preuve de rigueur pour ce qui est de l’adhésion à notre programme et de l’évaluation des étudiants. Il a également permis de constater que l’objectif qui consiste à offrir des expériences éducatives ne pouvant être obtenues dans le cadre du programme autodidactique traditionnel était atteint.

La possibilité d’inflation des notes constitue un sujet de préoccupation de l’ICA et de ses parties prenantes. Cette inflation peut être occasionnée par plusieurs choses, notamment la possibilité selon laquelle les chargés d’enseignement accordent les notes avec plus d’indulgence ou le fait que les étudiants redoublent d’efforts pour obtenir les notes exigées par le PAU. Dans leurs évaluations, les examinateurs externes n’ont trouvé aucune donnée probante permettant de conclure à une inflation des notes, mais ont cerné quelques points à l’égard desquels ils ont formulé des recommandations visant à assurer une uniformité en ce qui concerne les pratiques exemplaires de l’ICA.

L’Institut s’efforce de reconnaître aux chargés d’enseignement la liberté de choisir les meilleures méthodes d’examens, mais doit par ailleurs s’assurer de la couverture appropriée du programme et de l’efficacité des examens et des tests pour ce qui est de démontrer la mesure dans laquelle l’étudiant a assimilé la matière. Les universités conviennent du fait qu'une note d’exemption plus facile à atteindre fait plus de tort que de bien.

Pour réussir à maintenir des normes élevées, il est essentiel d’entretenir une bonne communication entre l’ICA, les AcA et les chargés d’enseignement. À l’aide d’une communication régulière incluant une réunion annuelle en personne avec les AcA, l’ICA et les universités sont en mesure de trouver et de partager des idées visant l’amélioration soutenue du programme pour le bien de tous.

La connaissance et l’acceptation du PAU

La CAS et la Faculty and Institute of Actuaries du Royaume-Uni reconnaissent toutes deux les exemptions de l’ICA aux fins de l’attribution de leurs titres respectifs, soit ceux de FCAS et de FIA.

Étant donné la décision du conseil d’administration de la SOA de ne pas reconnaître les exemptions de l’ICA à l’égard des titres d’ASA et de FSA, il existe une certaine crainte chez les étudiants selon laquelle le PAU pourrait restreindre leurs possibilités de carrière. Il convient de rappeler que le titre de FICA s’adresse aux actuaires canadiens et que le PAU est fondé sur les objectifs d’apprentissage des examens préliminaires utilisés par l’ICA, la CAS et la SOA. Un candidat à un emploi qui a bénéficié des exemptions du PAU et un candidat qui a réussi les examens connexes devraient être traités de la même façon. Il importe aussi de faire remarquer que, allié à une expérience américaine appropriée, le titre de FICA demeure reconnu par l’American Academy of Actuaries (AAA) aux fins des exigences relatives au titre de MAAA.

Nous assurons une communication constante avec les employeurs afin de nous assurer qu’ils comprennent bien le PAU et ce qu’il permet d’accomplir. De nombreux employeurs nous ont dit ne voir aucune différence entre les deux types de candidats. Nous devons transmettre cette information aux recruteurs de première ligne afin qu’ils comprennent ce qu’il en est et qu’ils ne prennent pas de décisions d’embauche biaisées.

L’ICA continuera de promouvoir la valeur et la portabilité du titre de FICA, ainsi que le fait qu’il s’agit d’un titre de première classe respecté partout dans le monde, quelle que soit la façon dont on l’obtient.

La suite des choses

Le PAU, qui est maintenant bien engagé dans sa troisième année de mise en œuvre, prend de la vigueur et demeure un élément stratégique et viable du système d’éducation de l’ICA. La Commission de l’agrément assure une évaluation soutenue du programme et en améliore continuellement des aspects. Elle entreprendra une révision fondamentale de celui-ci au cours des mois à venir. Cette révision comprendra notamment de plus vastes communications avec les membres de l’ICA afin de leur faire mieux connaître le programme, de sonder leurs perceptions et de recueillir leurs commentaires dans le but de favoriser l’évolution du PAU dans le cadre de la stratégie d’éducation globale de l’ICA. Nous espérons que vous prendrez part avec nous au renforcement du système d’éducation canadien destiné aux futurs membres de l’ICA.

Pour de plus amples renseignements, veuillez cliquer ici.

Veuillez adresser vos questions et commentaires à : agrement@cia-ica.ca.
 

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